3 conseils pour mettre en place des outils numériques dans un groupe
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Commencer par soi-même ; commencer simple ; commencer en présence
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Description
Des outils numériques imposés ou inadaptés sont au mieux inefficaces, voire parfois nuisible au groupe.
Nous vous proposons ces 3 règles de bon sens lorsque vous voulez utiliser de nouveaux outils pour "faciliter" le travail collectif :
1/ Commencer par soi : assurez-vous d'être vous-même à l'aise avec l'outil, de pouvoir facilement le présenter et d'être capable d'aiguiller une personne à distance qui appelerait "je suis paumé avec ton outil, tu peux m'aider à ..."
2/ Commencer simple : privilégiez des outils les plus simples possibles. Questionnez-vous 2 fois avant de mettre un identifiant/mot de passe (cela suffit à perdre un bon nombre de personne).
3/ Commencer en présence : profitez des temps de réunions pour présenter l'outil et le faire tester concrètement. Si il y a besoin de créer un compte, faites-le ensemble. C'est un peu fastidieux mais c'est la garantie de lever d'éventuels obstacles techniques (beaucoup plus durs à lever une fois que chacun est reparti chez soi).
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Merci et... au fait, pourquoi pars-tu ?
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Thématique concernée
Description
Il est normal que les personnes se désimpliquent et s'éloignent tôt ou tard d'un projet. Cela se fait parfois "en douceur" (déménagement, famille, construction d'une maison...), ou parfois avec des frictions :
le syndrome EPM (Et Puis Merde) illustre en quoi une personne peut soudainement partir en claquant la porte. Le risque est alors l'effet "contagion" de cette attitude.
"C'est pas mon problème" est un autre mécanisme, où les personnes restent "mobilisées" (souvent via un contrat de travail, un ordre direct de leur chef-fe) mais ne sont plus "impliquées".
Dans tous les cas, lorsque l'animateur-ice du projet repère une désimplication, il sera toujours :
Il est normal que les personnes se désimpliquent et s'éloignent tôt ou tard d'un projet. Cela se fait parfois « en douceur » (déménagement, famille, construction d'une maison…), ou parfois avec des frictions :
le syndrome EPM (Et Puis Merde) illustre en quoi une personne peut soudainement partir en claquant la porte. Le risque est alors l'effet « contagion » de cette attitude.
« Ce n'est pas mon problème » est un autre mécanisme, où les personnes restent « mobilisées » (souvent via un contrat de travail, un ordre direct de leur chef·fe) mais ne s'impliquent plus.
Dans tous les cas, lorsque l'animateur-ice du projet repère une désimplication, il sera toujours :
ContenuGarder les portes du projet/groupe ouvertes pour un renouvellement naturel des forces vives.
Les personnes impliquées aujourd'hui dans votre projet finiront par se désimpliquer. Il faut donc anticiper le renouvellement. Quelques questions doit-on se poser pour se mettre dans le peau d'un « nouveau » et pour faciliter son intégration ?
Un nouveau a-t-il accès aux informations ?
Ces infos sont-elles synthétisées et rendues compréhensibles pour une personne qui n'est pas dans le quotidien du projet ?
Existe-t-il des réunions dédiées aux nouveaux, une « session de rattrapage », une réunion notre projet « pour les nuls », etc. – bref, un temps où ils se sentent autorisés à venir et poser toutes les questions de néophytes ?
Existe-t-il des tâches simples et accessibles pour des personnes peu impliquées (cela permettrait de franchir une 1re étape dans l'implication) ?
De façon générale, cela consiste à travailler le parcours d'implication :
personnes extérieures > observateurs > réactifs > proactifs
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Garder les portes du projet/groupe ouvertes pour un renouvellement naturel des forces vives
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Thématique concernée
Description
Les personnes impliquées aujourd'hui dans votre projet finiront par se désimpliquer. Il faut donc anticiper le renouvellement. Quelques questions à se poser pour se mettre dans le peau d'un "nouveau" :
Un nouveau a-t-il accès aux informations ? Ces infos sont-elles synthétisées et rendues compréhensibles pour une personne qui n'est pas dans le quotidien du projet ?
Existe-t-il des réunions dédiées aux nouveaux ? (une "session de rattrapage", une réunion notre projet "pour les nuls" etc...) Bref, un temps où ils se sentent autorisés à venir et poser toutes les questions de néophytes.
Existe-t-il des tâches simples et accessibles pour des personnes peu impliquées ? Cela permettrait de franchir une 1ère étape dans l'implication.
De façon générale, cela consiste à travailler le parcours d'implication : personnes extérieures > observateurs > réactifs > proactifs
Contenu
Pour pouvoir coopérer, il va falloir passer de « mon projet » à « mon projet et ton projet », puis à « notre projet ».
Chacun d'entre nous dispose de sa propre carte du monde à partir de laquelle il perçoit la réalité. Et, pour toutes sortes de raisons qui sont propres au fonctionnement de chacun, il nous est parfois difficile de « lâcher » sur certains points.
Cependant, trouver une réponse qui soit réellement commune nécessite que chacun fasse le deuil de sa réponse afin d'aller sincèrement à la rencontre de la réponse de l'autre. Écouter l'autre ainsi nécessite d'être prêt à en être transformé par ce qu'il nous apprendra.
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S'assurer qu'on reste dans le sujet, de façon constructive
Description
Etre vigilant aux échanges hors-sujet qui surgiront (immanquablement), et ramener en douceur vers le sujet de la réunion. Si un point précis focalise les échanges (sujet complexe ou clivant) et risque d'accaparer tout le temps disponible, on peut inviter à le re-programmer lors d'un temps/une réunion dédiée.
Garantir le timing, tant sur le déroulé global de la réunion que des prises de paroles trop longues ou trop répétées.
Aller chercher celles·ceux qui ne s'expriment pas ou peu.
Ces recadrages seront d'autant mieux acceptés et légitimes que vous aurez précisé votre rôle au début de la réunion (j'aurai le droit de vous inviter à faire plus concis, à recadrer les débats, à garantir la répartition de la parole, à nous ramener vers des postures constructives, etc.)
Les phrases-type du facilitateur : "je vous invite à...", "je vous propose de"...
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Des règles et un cadre qui sécurisent les participants.
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Description
Quelques outils
Le Bâton de parole : un objet qui est placé au milieu du cercle à prendre pour prendre la parole et à reposer quand on a fini de parler ; pas d'intervention tant que l'objet n'est pas reposé (évite la surréaction et permet à l'intervenant d'aller au bout de son cheminement) ; si on souhaite intervenir, on prend des notes ; on peut aussi prendre l'objet de parole pour créer un silence.
Accords de groupe sur les prises de parole. Il s'agit de décider ensemble des règles de prise de parole (ou règles de vie en réunion) et les afficher ensuite au mur à chaque réunion (des Panneaux indicateurs de paroles). Ex : “Savoir lâcher prise et relativiser”, “Écouter de sorte de pouvoir parler”, “Parler de sorte de pouvoir Écouter”, “le silence est bon”, “Parole consciente”, “Parler avec élan”, “Parler en "Je"”, “Parler au centre” (s'adresser au collectif), “Suspendre ses jugements”, “Laisser de la place à l'autre” et “Savoir trouver sa place”. Il peut y avoir aussi des règles sur les horaires, la mise en place d'un quorum (=nombre minimum de personnes) et les modalités de prise de décision.
Clarifier besoin, objet commun et valeur ajoutée attendue
Contenu
Dans les projets, il y a une idée de projection, on est tourné vers l’avenir, on réinvente quelque chose qui n'existe pas encore.
Pour que ça fonctionne, il vaut donc mieux savoir « pourquoi on fait le projet ». C’est une question qu’on doit avoir en tête tout le temps, et en 360, avec chaque membre du groupe.
On définit la valeur ajoutée du projet : qu’est-ce que ça aura apporté ou changé dans notre environnement quand on aura fini. Cette VA est la ligne directrice qu’on va avoir en tête tout le temps, à chaque fois que l’on prend une décision.
C'est l'endroit où l'on donne corps à l'ambition collective du projet. Cela permet à chacun de savoir positionner ses ambitions individuelles et de définir : à quels endroits il s'agit de sa propre volonté, et à quels endroits il s'agit de la volonté commune du groupe. On évite ainsi les potentiels rancœurs vécues lorsque l'on a l'impression de devoir tout faire à la place du groupe alors qu'il s'agit d'une envie individuelle.
De plus, celà permet tout de même à chacun.e de prendre conscience des apports individuels attendus par lui-même et par les autres. En effet la motivation à chacun à participer peut rejoindre l'ambition collective mais peut également être constitué d'autres éléments amenés par le projet mais qui n'en constituent pas l'objet commun.
Ce n’est pas un dogme immodifiable, mais si on le change c’est tous ensemble.
Contenu
Profitez des temps de réunions pour présenter l'outil et le faire tester concrètement. Si il y a besoin de créer un compte, faites-le ensemble. C'est un peu fastidieux mais c'est la garantie de lever d'éventuels obstacles techniques (beaucoup plus durs à lever une fois que chacun est reparti chez soi).
Contenu
Assurez-vous d'être vous-même à l'aise avec l'outil, de pouvoir facilement le présenter et d'être capable d'aiguiller une personne à distance qui appelerait « je suis paumé avec ton outil, tu peux m'aider à… ? ».
Contenu
La lecture du dictionnaire ne nous éclaire pas vraiment sur la différence entre ces deux notions.
D'après le Petit Robert, collaborer vient du latin collaborarer, littéralement : travailler avec.
Dans le même dictionnaire, coopérer vient du latin cooperari, littéralement : œuvrer avec.
Nous nous appuyons donc sur les travaux de deux chercheuses du Centre de recherche LICEF au Québec.
F. Henri et K. Lundgren-Cayrol analysent de manière très éclairante la différence entre ces deux notions. Nous nous servons ici de leurs analyse.
La première différence : comment partage-t-on le travail ?
De manière générale, les groupes collaboratifs et coopératifs travaillent ensemble sur un but commun ou partagé.
C'est dans la manière de partager le travail que la différence est la plus visible :
En coopérant
Le groupe est divisé en équipes spécialisées qui réalisent une partie de tâche. Les membres de chaque équipe ont des responsabilités spécifiques. L'ensemble est réalisé seulement quand tous les membres ont fait leur part de travail.
En collaborant
Les membres du groupe travaillent pour un but commun. Mais chacun, individuellement, cherche à atteindre par lui-même le but consensuel. Deux productions se font en parallèle : une production collective et les productions individuelles de chaque participant.
Un choix qui dépend aussi de la maturité du groupe
La démarche coopérative est plus structurée et encadrante. L'animateur organise et « contrôle » le travail. Ce type de travail convient davantage au « groupe-enfant » ;
La démarche collaborative est plus souple et les membres du groupe disposent de plus de liberté, Elle convient davantage au « groupe-adulte ».
On peut voir la démarche coopérative comme une méthode d'initiation et de préparation à une réelle collaboration.
Les impacts sur les interactions entre les personnes
En coopérant la complémentarité des tâches crée un sentiment de dépendance réciproque, les interactions sont de ce fait très fortes mais « hiérarchisées ».
En collaborant c'est la mise en commun des idées qui prime, les interactions ont plutôt un caractère « associatif », elles sont donc plus riches et plus intenses.
En conclusion
Ces deux notions ne sont pas encore « stabilisées » bien qu'on s'accorde sur le fait que la collaboration implique un processus plus « démocratique » : les rapports sont plus égalitaires.
En réalité la différence entre ces deux manières de faire n'est pas si tranchée : on passe facilement d'une démarche à l'autre.
D'un monde de la concurrence et de la copie cachée à un retour aux sources de l'utopie numérique
Contenu
Nous avons grandi dans un environnement qui nous a enseigné à cacher notre copie et à réussir plutôt par nos expertises individuelles que par l'intelligence collective. Les outils numériques les plus répendus sont le reflet de cette manière de penser le monde : ils exercent un véritable monopole d'usage et tentent d'exercer un contrôle sur la masse impressionante de savoirs qui y sont rendus disponibles et de déléguer à quelques-uns la maîtrise de la technologie qui les rendent possibles.
En s'appuyant sur une conscience de la réalité du monde qui nous entoure, n'oublions pas l'utopie numérique de départ, et appuyons-nous sur ses principes fondateurs pour repenser nos rapports aux autres, aux connaissances et construire sur la base de nouveaux modèles basés sur la coopération entre humains et le partage de leurs connaissances.
Les origines du oueb
Pour comprendre les origines culturelles d'internet, il faut revenir aux années soixante et à la rencontre détonante entre la contre-culture américaine sous LSD et le monde scientifique.
Pour découvrir ça, il existe déjà un super bouquin : "Aux sources de l'utopie numérique" de Fred Turner, traduit en français chez C&F Editions. Romain peut le prêter, mais pas longtemps et il s'appelle revient, car c'est sa bible du numérique !
Si vous êtes plutôt vidéos
Un super cours en deux partie d'Hervé Le Crosnier sur l'histoire et le fonctionement d'internet ! (Licence CC BY SA Hervé Le Crosnier)
Contenu
Les regroupements sont les temps-forts de la formation. Il est essentiel d'y participer.
Du 15 avril au 24 avril 2019 :
25 et 26 avril 2019 : 1er regroupement, à Gap
Du 29 avril au 10 mai :
Du 13 mai au 24 mai
Du 27 mai au 5 juin
6 et 7 juin : 2ème regroupement, à Gap
....
...
...
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Créer volontairement la polémique dans un cadre ludique !
Objectif·s de l'animation
DescriptionLa méthode en quelques étapes
Ce débat permet d’exprimer son opinion en se déplaçant physiquement.
0. Concevoir une ou plusieurs questions clivantes. Dans un espace ouvert matérialiser deux cotés: d’accord/pas d’accord.
1. Expliquer la règle: chacun peut à tout moment exprimer son avis en se déplaçant.
2. Poser la question et inviter les participants à se positionner.
3. Donner alternativement la parole à un camp puis l’autre en régulant / reformulant.
4. Quand le débat s’essouffle, poser la question suivante ou clore.
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Un cadre qui sécurise les individus et leurs besoins
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Thématique concernée
Description
Les accords de groupes peuvent se définir comme la formalisation d'un cadre collectif qui sécurise la participation des individus à un temps de réunion et qui permet ainsi de remplir les besoins individuels de chacun des participants.
Il est l'aboutissement de l’expression des besoins de chaque participant et, si nécessaire, d'une négociation entre besoins contradictoires. Les accords de groupe prennent souvent la forme d'un nuage de mots ou de petites phrases qui permettent de rendre visible au groupe l'ensemble des besoins de ses membres afin de permettre leur prise en compte par chacun. Exemple des accords de groupe d'une quinzaine de personnes
Le but des accords de groupe, c'est qu'à travers l'expression des besoins de tous, le temps collectif ne rencontre les limites de personnes. On parle donc bien a priori ici de besoins profonds sur et non de simples préférences, que les participants peuvent formuler à travers une phrase commençant par "Pour que ce moment passé ensemble ne rencontre pas mes limites, j'ai besoin de...". On valide donc généralement les accords de groupe au consentement, en ce sens qu’ils ne remplissent pas nécessairement les préférences de chacun, mais qu'ils ne percutent les limites de personne.
Puisqu'ils sont garants d'un cadre collectif sécurisant, c'est au collectif dans sa globalité qu'il incombe de veiller au respect des accords de groupe. Un rôle peut-être attribué pour dédier à quelqu'un la tâche d'être en attention du respect du cadre à une personne en particulier, mais il ne dédouane personne de sa responsabilité quand à son respect individuel des besoins et limites des autres.
Les accords de groupe doivent
Être co-créés par chaque participant : puisque aucune personne ne peut formuler les besoins ou les limites du moment d'une autre. Une petite méthode d'animation pour co-créer vos accords de groupe. Le temps de formulation des besoins du collectif doit être sanctuarisé et être suffisamment accueillant /serein pour permettre à chacun d'exprimer ses besoins en toute liberté et authenticité,
Être redéfinis dés lors que la composition du groupe change : puisqu'ils sont liés aux individus, dés que la composition du groupe évolue, il faut faire évoluer les accords qui s'adaptent aux besoins des personnes présentes;
Être re-validés à chaque nouveau regroupement : puisque si la composition d'un groupe ne change pas, les besoins et limites de chacun évoluent chaque jour. La re-validation des accords de groupe peut donc être rapide mais elle est nécessaire (à travers un tour de consentement par exemple);
Être rendus visibles : puisqu'ils doivent être respectés tout le temps, ils doivent être visibles et accessibles en permanence, d'autant plus que c'est le groupe dans sa globalité qui est garant du respect de ces accords.
Les accords de groupe ne permettent pas
De sécuriser de manière globale les échanges au sein d'un projet collectif ou d'une organisation : ils sont à privilégier pour les moments de rencontres physiques ou distants de type réunion, mais doivent être complétés par des architectures plus fines à l'échelle d'une organisation (moments dédiés à l'apaisement des tensions, rituels de gestion des conflits, etc...).
De sécuriser les échanges sur des sujets trop brûlants ou dans l'urgence : les accords de groupe reposent principalement sur la capacité de chacun à exprimer avec authenticité ses besoins à respecter les besoins des autres. En situation de conflit interpersonnels ou dans des contextes trop chargés émotionnellement, les accords de groupe doivent être remplacés par des dispositifs de médiation plus complet et pertinents.
Et si nos besoins se marchent sur les pieds ?
Il arrive parfois que les besoins de deux personnes ou plus se percutent, s'opposent. On ne peut pas commencer à travailler sereinement dans ces conditions, les concernés ne pouvant être sereins à ce moment. Dans ce cas, trois petites étapes permettent de débloquer la situation :
Clarifier : inviter chaque concerné à reformuler son besoin pour vérifier qu'il y a vraiment une opposition et bien comprendre ce qu'il y a derrière les mots;
Effectuer une nouvelle proposition : une fois bien compris les besoins exprimés, une reformulation peut-être proposée et passée au consentement auprès des deux intéressés. Exemple :"J'ai besoin de calme VS j'ai besoin de bouger" deviendrait "j'ai besoin de moments de calme ET j'ai besoin de moments pour bouger"
Les accords de groupe peuvent se définir comme la formalisation d'un cadre collectif qui sécurise la participation des individus à un temps de réunion et qui permet ainsi de remplir les besoins individuels de chacun des participants.
Ils sont l'aboutissement de l’expression des besoins de chaque participant et, si nécessaire, d'une négociation entre besoins contradictoires. Les accords de groupe prennent souvent la forme d'un nuage de mots ou de petites phrases qui permettent de rendre visible au groupe l'ensemble des besoins de ses membres afin de permettre leur prise en compte par chacun. Exemple des accords de groupe d'une quinzaine de personnes
Le but des accords de groupe est, qu'à travers l'expression des besoins de tous, le temps collectif ne rencontre les limites de personnes. On parle donc bien a priori ici de besoins profonds et non de simples préférences, que les participants peuvent formuler à travers une phrase commençant par « Pour que ce moment passé ensemble ne rencontre pas mes limites, j'ai besoin de… ». On valide donc généralement les accords de groupe au consentement, en ce sens qu’ils ne remplissent pas nécessairement les préférences de chacun, mais qu'ils ne percutent les limites de personne.
Puisqu'ils sont garants d'un cadre collectif sécurisant, c'est au collectif dans sa globalité qu'il incombe de veiller au respect des accords de groupe. Un rôle peut-être attribué pour déléguer à une personne en particulier la tâche d'être en attention du respect du cadre, mais cela ne dédouane personne de sa responsabilité quant à son respect individuel des besoins et limites des autres.
Les accords de groupe doivent
Être co-créés par chaque participant : puisque aucune personne ne peut formuler les besoins ou les limites du moment d'une autre. Une petite méthode d'animation pour co-créer vos accords de groupe. Le temps de formulation des besoins du collectif doit être sanctuarisé et être suffisamment accueillant /serein pour permettre à chacun d'exprimer ses besoins en toute liberté et authenticité.
Être redéfinis dès lors que la composition du groupe change : puisqu'ils sont liés aux individus, dès que la composition du groupe évolue, il faut faire évoluer les accords qui s'adaptent aux besoins des personnes présentes.
Être re-validés à chaque nouveau regroupement : puisque si la composition d'un groupe ne change pas, les besoins et limites de chacun évoluent chaque jour. La re-validation des accords de groupe peut donc être rapide mais elle est nécessaire (à travers un tour de consentement par exemple).
Être rendus visibles : puisqu'ils doivent être respectés tout le temps, ils doivent être visibles et accessibles en permanence, d'autant plus que c'est le groupe dans sa globalité qui est garant du respect de ces accords.
Les accords de groupe ne permettent pas
De sécuriser de manière globale les échanges au sein d'un projet collectif ou d'une organisation : ils sont à privilégier pour les moments de rencontres physiques ou distants de type réunion, mais doivent être complétés par des architectures plus fines à l'échelle d'une organisation (moments dédiés à l'apaisement des tensions, rituels de gestion des conflits, etc.).
De sécuriser les échanges sur des sujets trop brûlants ou dans l'urgence : les accords de groupe reposent principalement sur la capacité de chacun à exprimer avec authenticité ses besoins à respecter les besoins des autres. En situation de conflit interpersonnels ou dans des contextes trop chargés émotionnellement, les accords de groupe doivent être remplacés par des dispositifs de médiation plus complet et pertinents.
Et si nos besoins se marchent sur les pieds ?
Il arrive parfois que les besoins de deux personnes ou plus se percutent, s'opposent. On ne peut pas commencer à travailler sereinement dans ces conditions, les concernés ne pouvant être sereins à ce moment. Dans ce cas, trois petites étapes permettent de débloquer la situation :
clarifier : inviter chaque concerné à reformuler son besoin pour vérifier qu'il y a vraiment une opposition et bien comprendre ce qu'il y a derrière les mots ;
effectuer une nouvelle proposition : une fois bien compris les besoins exprimés, une reformulation peut-être proposée et passée au consentement auprès des deux intéressés. Exemple : « j'ai besoin de calme » versus « j'ai besoin de bouger » deviendrait « j'ai besoin de moments de calme ET j'ai besoin de moments pour bouger ».
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Des rôles plutôt que des fonctions !
Type de fiche
Thématique concernée
Description
L'animation de la réunion peut être “distribuée” à plusieurs personnes pour des rôles tels que :
un animateur, qui gère le déroulement de l'ordre du jour
un facilitateur qui facilite le passage de parole de l'un à l'autre, qui s'assure que les participants s'écoutent et ne se coupent pas la parole et qui est attentif à ce que chacun puissent parler
un maître du temps qui garantit le “timing” pour chaque point à l'ordre du jour et qui prévient des débordements de temps => "combien de temps pour ce point ?", "il reste X min"...
un scribe pour prendre des notes et/ou garder une trace, réaliser un compte-rendu, un relevé de décisions
Il existe d'autres rôles potentiels, selon les besoins :
un accueilleur, qui accueille les personnes en retard (à voix basse, sans interrompre la réunion) et leur précise où en est la réunion. Les personnes se sentent ainsi intégrées à la réunion sans que le déroulement s'en trouve interrompu.
un scrutateur d'ambiance ou responsable de la convivialité ou garant de la bienveillance ou dynamiseur, qui s'attache à repérer les signes non verbaux des participants et fait des propositions à l'animateur pour adapter le rythme de la réunion.
un scrutateur de la circulation de la parole qui note, sous forme d'un schéma, les personnes qui ont pris la parole et à qui elles se sont adressées (au collectif ? à une personne en particulier ?) et qui le montre en fin de réunion par exemple.
Il peut être intéressant de faire tourner les rôles pour que les personnes du groupe partagent les responsabilités.
Ressources CC-BY-SA Auteures : Sarah Gaucher, Alice Oschner, Cré-sol
Description
Poser des questions ciblées est souvent bien plus puissant que d'apporter des réponses construites, mais qui pourrait être perçues comme péremptoire et surtout en contradiction avec la posture de neutralité de l'animateur·ice.
Si ces questions sont ouvertes (à l'inverse des questions fermées qui appellent une réponse par oui ou non), c'est encore mieux.
En une phrase
Du risque de ne pas travailler sur l'implication et le renouvellement
Type de fiche
Thématique concernée
Description
S'il est normal que l'animateur assume un côté "dictateur bienveillant" lorsque le groupe/projet est au stade "enfant (voir la fiche "maturité des groupes"), cette posture doit s'atténuer au fil du temps sous peine de se transformer en "fondateur-fossoyeur" : c'est à dire la personne, souvent charismatique et visionnaire, qui a rendu le groupe/projet tellement dépendante d'elle que tout s'écroule le jour où cette personne part.
En une phrase
"Parler est un besoin, écouter est un art"
Description
Cette petite citation de Goethe résume parfaitement la posture essentielle d'animation d'une réunion : se centrer sur l'écoute.
Quelques questions pour interroger sa propre écoute :
T'arrive-t-il d'interrompre les autres ?
T'arrive-t-il de ne plus écouter sincèrement ce que dit l'autre parce que tu as un besoin intense et urgent d'exposer ton idée ou ton point de vue ?
As-tu déjà essayé d'écouter quelqu'un en te forçant à ne pas réagir, simplement écouter cette personne en te taisant ?
T'arrive-t-il de laisser tes pensées aller ailleurs alors que quelqu'un est en train de parler ?
Comme tout travail sur soi, l'écoute idéale n'existe pas et ne doit pas devenir un fardeau de culpabilité. La posture d'animateur·ice de réunion implique cependant de rester vigilant à cette écoute.
L'écoute des paroles des participants bien sûr, mais aussi l'écoute du groupe.
En une phrase
Etre en attention au groupe, prendre du recul
Description
"Sentir" un groupe n'est pas toujours aisé, mais il est parfois bien utile de jauger l'ambiance, les tensions, le niveau d'attention des personnes...
Lorsque l'animateur·ice détecte un frein (participants fatigués, tendus) ou une opportunité (envie partagé de travailler ou de discuter d'un sujet...), deux possibilités :
soit on propose de ré-orienter le déroulé de la réunion (parfois une simple pause supplémentaire suffit, parfois il faut réguler en "crevant" l'abcès des tensions)
soit on invite le groupe à prendre conscience de sa propre dynamique : "si on regarde la situation de l'extérieur, qu'est-il en train de se passer dans notre groupe ?"
En effet, vous avez raison, cette posture est en partie incompatible avec la précédente posture sur l'écoute active :-/
Contenu
L'un des outils privilégiés de la CNV (communication non violente) a été traduit en schéma par l'Université du Nous. Cela permet de structurer son intervention, notamment en cas de conflit ou de crispation sur des propos ou des faits (et c'est recommandé de l'utiliser AUSSI pour les propos ou faits appréciés !), en 4 étapes :
1. Partir de faits (« Quand tu as fait / dit ça… ») plutôt que de généralités (« Tu es tout le temps en retard », critiques, etc.).
2. Exprimer ce que cela provoque chez soi (« Je me suis senti·e… ») en termes d'émotion personnelle (« agacé.e », « triste », etc.).
3. Réfléchir aux besoins que cela met en évidence pour soi (« besoin de plus d'écoute », « besoin d'être respecté·e », etc.).
4. Transformer le besoin en demande précise, réaliste et réalisable (« je te propose de me prévenir si tu arrives en retard », « je te propose de trouver un espace/temps pour évaluer mon travail », etc.).
Cela reste un outil, à utiliser avec modération et sincérité pour ne pas se retrouver dans ce genre de situation !
En une phrase
Un classique de l'intelligence collective, dont on ne se lasse pas !
Objectif·s de l'animation
Description
Une question centrale, à partir de laquelle chaque participant·e peut proposer un atelier thématique.
Une idée simple et empreinte de liberté, mais qui demande un cadre bien préparé.
Jeux de positionnements / Visualisation de données avec les pieds
En une phrase
Les participants se positionnement les uns par rapport aux autre
Objectif·s de l'animation
Description
Ce jeu d'inclusion spécial "données ouvertes" permet de démarrer une réunion tout en restant sur le terrain de jeu de la journée... Le principe est simple. Les personnes d'un groupe se répartissent dans l'espace de manière à représenter visuellement des données. Idéalement un animateur donne les consignes, aide les personnes à se placer et donne quelques commentaires de chaque figure.
L'animation dure 10-15 minutes et nécessite un groupe d'au moins une douzaine de personnes.
1ère figure
Le groupe est invité à se répartir dans un espace défini. Il lui est expliqué à quoi peut servir une donnée (mesurer la répartition socio professionnelle d'un groupe, l'âge des individus...). Une des premières formes permettant de faire ce type de mesure est le camembert : l'animateur invite alors le groupe à former un cercle pour représenter le camembert et demande ce qu'il est possible de mesurer avec. En fonction des réponses (exemple : parité), on invite alors les personnes à se répartir dans le cercle par catégorie (H/F)...ce qui permet de réaliser la mesure et la commenter.
2ème figure
Pour la deuxième figure, on peut choisir les histogrammes qui, par exemple, peuvent mesurer par tranche d'âge. Le groupe est alors invité à se mettre en rang en fonctions de repères qu'aura fixé l'animateur et selon leur tranche d'âge. Il est alors possible de commenter la répartition.
3ème figure
Le groupe est invité à se répartir sur une cartographie fictive (NORD-EST-SUD-OUEST) définie dans l'espace, en fonction, par exemple, de son lieu de naissance. Dans un second temps, on lui demande de se répartir sur cette cartographie en fonction de son lieu de travail. On peut aussi commenter les flux migratoires ;-) . La fin peut se faire de manière festive en demandant à toutes et à tous de se rejoindre sur le lieu de la manifestation en cours...
En une phrase
Pas de coopération sans inter-connaissance
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Ne pas oublier que prendre le temps de faire connaissance (par des présentations, des jeux ou des temps informels – repas, balades, ateliers de création...) est un préalable indispensable à la coopération.
L'interconnaissance pourra ensuite mener à la confiance et à la créativité.
Les jeux de coopération et/ou d'interconnaissance permettent de mieux connaître les fonctionnements des autres membres du groupe :
Contenu
Mais quel outil utiliser ? Quel est l'outil idéal ? Avez-vous des modèles de cahiers des charges d'outils coopératifs parfaits ? Ces questions nous sont très souvent posées.
Il nous semble que la notion d'outils conviviaux nous aide à penser un peu plus la question fondamentale de l'outil, numérique ou non.
Cette notion est proposée par Ivan Illich, penseur de l'écologie politique. Pour lui, les outils (compris au sens large, incluant moyens techniques, institutions) aliènent les individus et les privent d'autonomie. Leurs utilisations généralisées pouvant aller jusqu'à la contre-productivité.
Trois conditions pour des outils conviviaux
Illich propose alors un cahier des charges simple et clair à ce qu'il nomme outil-convivial.
Il doit être générateur d'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle.
Il ne doit susciter ni esclaves ni maîtres.
Il doit élargir le rayon d'action personnel.
Si l'outil n'est pas convivial, les humains ont l'impression de n'être que des prolongements de systèmes informatiques ou des modalités d'organisation pensées par d'autres et sur lesquels ils n'ont plus prise.
Ces trois conditions appliquées aux organisations et aux moyens techniques redonnent place aux individus, leurs permettent d'être acteurs dans des systèmes sur lesquels ils ont prise. Les humains en ont besoin, l'humanité en a besoin.
Coopération, réseaux et convivialité
Un réseau, un groupe qui coopère s'inscrit dans un processus qui devra s'outiller et faire évoluer son outillage en fonction des étapes de son processus. Garder en tête les conditions des outils conviviaux lors de l'élaboration organisations et outils pour les servir permettra d'élaborer un système vivant, évolutif et apprenant. Le réseau, groupe coopératif ou collaboratif deviendront des lieux d'apprentissages, d'innovations et d'émancipations.
Des outils libres qui rendent libres les individus : attention aux outils libres qui rendent dépendant des webmasters et aux outils gratuits qui font de vous des produits.
Coté outils numériques nous viserons donc :
des outils très faciles à utiliser,
des outils très faciles à ré-utiliser – autant que l'on souhaite – aussi peu que l'on souhaite,
des outils qui tiennent dans le temps,
des outils qui permettent d'en sortir et d'en sortir les données,
des outils qui fonctionnent sous tous les systèmes (ordi différentes distrib, téléphone, tablettes, etc.).
Des méthodes au service du collectif : attentions à des modalités d'animation trop contraignantes, ou soumises à un droit de marque (holacratie,...) qui risquent de peser sur le groupe et de ne pas lui permettre d'assurer lui-même la mise en œuvre et l'évolution de sa propre animation.
Aucun outil n'est collaboratif ou convivial par essence. Ce sont les modalités de son appropriation par le groupe qui peut éventuellement lui conférer cette qualité.
Pour aller plus loin :
Illich Ivan, La convivialité [en ligne], Points (Paris), ISSN 0768-0481 ; 65 Points. Civilisation, Paris, Éd. du Seuil, 1990
Comment je peux contacter un·e·tel·le ? Stéphane ?
Il est où le compte-rendu de notre dernière réunion ?
je dépose où ma contribution ?
Rappelle moi comment je m'abonne au canal de discussion déjà ?
…
Toutes ces questions font le quotidien d'un collectif mais quelle galère quand toutes les réponses se trouvent éparpillées partout et nulle part et qu'il faut presque devenir enquêteur pour les obtenir.
Voilà, nous y sommes. Le concept de gare centrale répond à ce besoin :
« permettre à chaque membre de trouver, en un seul endroit, toutes les infos à jour et nécessaires au bon fonctionnement du collectif ! ».
Peu importe que ces infos soient réparties dans différents outils ou espaces, la gare centrale vous accueille et vous aiguille rapidement vers là où se trouve la bonne information.
Traditionnellement et selon la maturité du collectif, voici ce qu'on retrouve le plus souvent dans une gare centrale,
pour accueillir/inclure :
un mot d'accueil pour les nouvelles et nouveaux et un lien vers l'histoire du collectif,
les coordonnées des personnes à contacter en cas de souci,
comment contribuer, aider aux actions en cours et en attente d'un coup de main.
pour organiser/planifier :
le lien vers les comptes-rendus, vers l'ordre du jour de la prochaine rencontre,
l'agenda des activités à venir,
les dernières actus.
pour la vie du collectif :
les derniers membres arrivés et un lien vers l'annuaire,
les dernières décisions prises et un lien vers le registre des décisions,
et un lien vers les outils utilisés par le collectif.
Ce concept de gare centrale peut se matérialiser de plusieurs façons.
La première sous forme d'un tableau de bord « papier » sur un grand mur comme à l'école des enfants par exemple. Ce format de gare centrale présente l'avantage d'être très simple et de ne nécessiter aucune connaissance particulière si ce n'est de manipuler un crayon et un post-it. Mais il demande à ce que l'ensemble des membres puissent croiser ce tableau de bord régulièrement donc en résumé à être « sur place ».
Ce cas de figure n'est pas le cas le plus fréquent dans les collectifs. Et rapidement l'usage d'un outil numérique permet de s'affranchir de ce besoin de présence physique lorsqu'on garde en tête que « le numérique c'est aussi peu que possible mais autant que nécessaire ». Le deuxième type de gare centrale qui émerge c'est le « papapad ». Vous le savez (ou pas) le pad est un document de travail en ligne accessible par tous, très facile à créer et à gérer. Conçu au départ pour coécrire, on peut facilement le détourner pour y rassembler tous les liens vers les infos utiles au collectif.
La date de la prochaine réunion ? Où se trouvent les comptes-rendus ? Où se trouve l'ordre du jour de la prochaine rencontre ? Les coordonnées de contact…
Furieusement simple, le « papapad » suffit souvent dans les collectifs en démarrage, les touts petits collectifs ou ceux à durée de vie limitée ou à « action limitée » mais rapidement si le collectif grandit, produit, s'organise, collecte… le « papapad » déborde et sa fonction de gare centrale se dilue au profit d'un document long, devenu indigeste et difficile à maintenir à jour.
Il devient alors nécessaire de passer l'étape supérieure en organisant la gare centrale, via un wiki par exemple. L'outil Yeswiki s'y prête particulièrement bien ! Yeswiki permet d'encaspuler des outils tiers rendant ainsi leur accès facile comme un pad, un mur de post-it virtuels ou des tuto vidéos par exemple.
Yeswiki permet aussi de créer des bases de données coopératives pour collecter de nombreuses infos et les rendre visible sous différents formats (agenda, annuaire, ressourcerie, actualités, décisions, compte-rendu, etc.) avec l'avantage de pouvoir automatiser certaines actions comme l'affichage des 3 dernières actus ou des 5 dernières ressources collectées ou des 2 derniers membres accueillis.
Bref, faciliter l'animation de la gare centrale car oui ! , une gare centrale s'anime.
Elle doit absolument rester à jour et « coller » aux besoins du collectif.
On pourrait d'ailleurs dire que la gare centrale est le reflet du dynamisme, de l'énergie du collectif. En jetant un œil sur la gare centrale, on pourrait presque faire un diagnostic rapide de l'état de santé du collectif.
Que ce soit en mur de post-it papier, en version pad ou en mode wiki, retenez que la gare centrale est le cœur organisationnel du collectif. Une sorte de super sommaire, de vue globale qui facilite la vie de chaque membre du collectif. Un espace que l'on peut renommer collectivement pour une plus grande appropriation comme le collaboratoire, le chaudron magique, le truc par exemple.
Enfin, et ce n'est pas anecdotique, la gare centrale est un espace ouvert et accessible à tous, elle témoigne de la volonté du collectif de partager, y compris avec ceux qui ne sont pas membres.
La gare centrale : pour organiser et rendre visible l'information
En une phrase
L'espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration.
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Une gare centrale : des usages multiples
En fonction de la manière dont elle est conçue, et selon la nature du collectif, la gare centrale peut être à la fois :
Un outil de gestion de projet qui rend visible les actions menées par chacun
Un moyen de favoriser l'implication de nouveaux membres car il permet de comprendre le fonctionnement et les modalités de contribution au projet commun
Un gage de transparence de la gouvernance lorsque l'on y partage les règles et relevé de décision
Un aide mémoire qui joue un rôle d'aiguillage vers toutes les ressources utiles au quotidien
Un tableau de bord : qui spécifie la liste des outils utilisés par le collectif ainsi que leurs usages
Un régulateur d'infobésité qui limite le flux d'information nécessaire et capitalise un grand nombre de ressources au même endroit,
Que trouve t-on dans une gare centrale ?
Pour rendre concret l'intérêt d'une gare centrale, voici quelques exemples d'éléments que nous pouvons y trouver.
Pour favoriser une gouvernance collective
Les éléments de définition du collectif et dans lesquels s'inscrit l'action (valeurs, finalité, objet, raison d'être, projet associatif...)
Les règles de prise de décision afin de permettre à chacun de contribuer selon les modalités définies collectivement
Les modalités de gouvernance et les rôles de chacun qui rend lisible les différents organes qui rythment la vie du collectif et leurs fonctions (groupes de travail, conseil d?administration, comité de pilotage, etc.)
L'agenda qui met en avant les prochains temps de rencontre et permet à chacun de savoir quand rencontrer le collectif (réunions formelles, événements,...)
L'annuaire ou la cartographie des contributeurs afin de visualiser qui compose le collectif et de prendre contact avec chacun
Pour conserver la mémoire
L'historique du collectif afin de pouvoir s'imprégner de sa culture et des grandes étapes de son développement afin d'ancrer le projet
Les différents comptes-rendus, en guise de restitution des actions de chacun et en tant que mémoire vivante de l'action
Les relevés de décision qui évitent de se reposer plusieurs fois les même questions et de rendre effectifs les choix effectués
Pour agir collectivement
La liste des différents outils utilisés par le collectif, leurs règles d'usage utilisés par le collectif. Il peut s'agir des outils numériques ou physiques (forums, listes de discussion, mur des projets, affichage de l'agenda, espace de stockage de documents, etc...) et ce peut-être complété par des liens vers des tutoriels.
Les modalité de d'implication dans les actions qui permettent à chacun de savoir comment contribuer sur tout ou partie du projet porté par le collectif (référents, fréquence de réunion, prochaine rencontre, modalités de contribution,etc.).
La liste des actions menées en cours ou passées afin de rendre visible ce qui se fait et ce qui s'est fait par le passé afin d'agir en ayant une vision d'ensemble.
Les ressources partagées par le collectif (bases de données, fiches méthodologiques, rapports d'activités,...)
Tout cet ensemble n'est pas nécessairement intégré DANS la gare centrale, mais on trouve au moins le lien vers ces informations, qui peuvent utiliser des outils externes.
La gare centrale est le guichet unique qui nous permettra de retrouver une ressource.
Avec quels outils créer une gare centrale ?
De nombreux outils peuvent être utilisés pour des gares centrales, en fonction de la complexité du collectif concerné, de sa taille, du nombre d'éléments à partager et des compétences disponibles.
En voici quelques exemples classés du plus simple (mais limité en fonctionnalité) au plus complexe (mais pleins de possibles) :
Un simple affichage physique : avec des feutres et du scotch. Lorsque le groupe dispose d'un espace physique accessible régulièrement à tous les membres, un simple support physique peut largement suffire.
Illustration :
Une pauvre page oueb : avec le html. Quand le nombre d'informations à transmettre est limité, une simple page html est largement suffisante !
Les Pads : avec les papapad. Le PapaPad est la papa de tous les pads, il est bien utile pour ne pas perdre les liens vers ses pads de comptes-rendu, mais vite limité !
Padlet : c'est un principe de "tableau blanc" sur lequel on va pouvoir coller un certain nombre d'éléments. Il deviendra peu lisible dés lors que l'on aura trop de choses à y mettre.
Wekan / Trello : ce sont des tableaux de bords adaptés à agencer un plus grand nombre d'éléments que Padlet, notamment car l'outil permet d'organiser plusieurs tableau dédié à une équipe.
Agorakit : un outil qui permet de créer une sorte de minisite avec un certain nombre d'outils déjà intégrés (agendas, annuaire, cartographie des membres, etc. Il s'agit 'un logiciel libre. il rencontre une limite dés lors que nos besoins sortent du cadre déjà prévu.
Yeswiki : c'est un logiciel de création de site webs collaboratifs, facilement modifiable par chacun. Il demande une prise en main plus importante que les autres outil mais s'adapte à tous les besoins du collectif. YesWiki a été conçu pour rester simple, mais il a été aussi pensé pour que des fonctionnalités cachées, installées par défaut, puissent être activées au fur et à mesure de l'émergence des besoins du groupe.
En une phrase
Brise glace simple et ludique où une personne en guide une autre qui chemine les yeux fermés.
Objectif·s de l'animation
DescriptionLa méthode synthétisée
0. Choisir un espace favorable à la marche (terrain relativement plat, peu d’obstacles, pas de danger à proximité) avec des environnements variés (sols différents, dedans/dehors, stimulations auditives/olfactives).
1. Demander aux participants de se mettre par binôme. L’un ferme les yeux, l’autre guide le premier par la voix et/ou un contact physique.
2. Cheminer quelques minutes avant d’inverser les rôles.
En une phrase
Un bon délesteur émotionnel avant de démarrer une réunion
Objectif·s de l'animation
DescriptionLa méthode synthétisée
Un exercice où l’on demande aux participants d’exprimer leur état intérieur du moment sous forme de météo.
1. Demandez aux participants de partager leur humeur du moment sous forme de météo: « Si vous étiez un ciel, de quelle couleur seriez vous aujourd’hui ? »
2. À tour de rôle chacun s’exprime autant qu’il le souhaite, sans être interrompu par les autres.
Contenu
L'exercice de la coopération peut également être l'opportunité d'un changement de posture vis à vis de l'abondance.
Dans nos structures, nos projets, nous évoluons souvent dans un environnement contraint. Cette contrainte peut s'exercer sur toutes sortes de ressources : financières, humaines, surface des locaux, etc.
Dans notre société nous apprenons à vivre la contrainte sur une ressource comme l'expression d'une rareté de cette ressource. Or, toujours dans ce contexte social, on nous apprend à réagir à la rareté par la compétition. La présence de contraintes risque donc de nous pousser vers une posture compétitive antagoniste à la mise en œuvre de la coopération.
Premièrement, il est intéressant de renverser le paradigme et de ne pas se focaliser sur ce qui nous manque mais sur ce dont nous disposons en abondance :
nos autres ressources de tous ordres,
nos savoir faire individuels et collectifs,
nos idées,
nos expériences individuelles et collectives,
tout ce que nous ne savons pas encore faire, n'avons pas encore réalisé et qui viendra encore plus nous enrichir.
En mobilisant ainsi nos ressources cognitives nous nous ouvrons à un autre champ des possibles (on passe de « qu'est ce qui nous manque ? » à « quels sont tous nos atouts ? »).
Ensuite, la coopération et la libre circulation des idées, des ressources, des êtres humains sont intimement liées.
Il nous semble donc primordial, lorsque l'on souhaite sincèrement coopérer, de se mettre en capacité de sincèrement générer de l'abondance, c'est à dire de sincèrement partager nos productions (voir les licences libres). Faire circuler ne peut nuire.
ContenuLes formes d'organisations extérieures jouent sur le fonctionnement du groupe.
On parle ici d'architecture au sens large, cette notion englobe l'organisation physique de l'espace dans lequel nous interagissons aussi bien que tous les modes d'organisation, non physiques, de nos interactions.
Sur le plan physique, on conçoit (et on constate) aisément que les interactions entre les différentes personnes seront plus fluides dans un cercle de personnes debout que dans une salle où les gens sont assis à des tables rangées les unes derrière les autres et faisant face à une estrade sur laquelle se trouve une autre table derrière laquelle se trouvent assises d'autres personnes.
Si une organisation (de l'espace ou autre) ne génère pas en elle-même de la coopération, elle peut, si l'on n'y prend pas garde, la gêner.
En quoi l'organisation de ma salle facilite-t-elle des relations équitables ?
En quoi les statuts de mon associations facilitent-ils l'implication ?
En quoi les consignes que je donne facilitent-elles la prise de parole ?
etc.
Sur un autre plan, il est souvent intéressant de s'organiser de manière à rendre les choses importantes perceptibles par les sens.
Montrer le compte rendu en cours de rédaction lors d'une réunion.
Utiliser un sablier pour réguler le temps de parole dans les situations tendues.
Utiliser des cartes pour matérialiser les graines de savoir.
En une phrase
Voter ou effectuer le meilleur choix... plutôt que le moins pire !
Objectif·s de l'animation
Description
Le principe est simple : il s'agit de demander aux personnes de se positionner sur l'ensemble des choix possibles, en leur demandant si comment ils jugent cette possibilité sur une échelle graduée de "oulala c'est la cata" à "ce serait trop tip-top". Une fois tous les votes effectués il suffit de comptabiliser la somme des positionnements des participants et de décider en fonction de ses propres critères définis à l'avance (exclure tous ceux ayant au moins un avis trop négatif, prendre celui qui recueille les avis le plus positif,...).
C'est un mode de prise de décision qui se marrie très bien avec des habitudes de décisions par consentement, dans des situation où il faut choisir entre plusieurs propositions.
Ainsi le jugement majoritaire permet d'éliminer les propositions rencontrant les limites de certains et de conserver celles qui recueillent le plus d'avis positifs, indépendamment du nombre de voie pour l'un ou l'autre des choix possibles. Cela évite notamment la fameuse "tyrannie de la majorité" au profit d'un consentement autour du meilleur choix pour le groupe.
En une phrase
Une alternative au consensus (parfois mou)
Objectif·s de l'animation
Description
Là où, pour agir, le consensus exige que tous les participants à une décision soient unanimes, le consentement se contente du fait qu’aucun membre n’y oppose d’objection raisonnable. Une objection est jugée raisonnable si elle bonifie la proposition à l’étude ou l’élimine complètement. L’objection n’est plus synonyme d’obstruction mais d’identification de limites, de tolérances qui deviennent les conditions de réalisation de la proposition. Le processus permet de faciliter l’identification de ces conditions et la mise en pratique des décisions.
En une phrase
Ou l'art de résoudre les problèmes avant qu'ils ne surgissent
Type de fiche
Thématique concernée
Description
En tant qu'animateur, nous avons tendance à voir arriver les problèmes de loin, et il nous est naturel de vouloir les résoudre. Le problème est que les membres du groupe ne voient rien et ont l'impression que tout va bien, alors l'animateur sue sang et eau.
Laisser quelques problèmes survenir, lâcher-prise sur quelques sujets permet de rendre visible l'activité, les tâches et ainsi de rendre le groupe plus autonome et plus conscient.
Description
Cette méthode peut prendre des formes différentes, plus ou moins complexes, mais le processus reste la même :
chaque participant apporte des éléments de réponse ou d’intuition face à une problématique posée via des petits papiers
toutes les contributions sont ensuite commentés et classés devant l’assemblée (soit selon une typologie déterminée en amont, soit en fonction de récurrences constatées sur le moment par l’animateur et le groupe).
Le tableau ainsi réalisé permet à chacun de visualiser la problématique sous tous ses angles avec ses points forts et ses points faibles et de partir d’une base de discussion commune
En une phrase
Nourrir les proactifs, les réactifs, les observateurs et mêmes les inactifs !
Type de fiche
Thématique concernée
Description
R comme "Rencontres (synchrones) : elles concernent les plus actifs
E comme "Échanges entre les rencontres" (asynchrones) : cette activité permet de ne pas oublier les moins actifs (en particulier les « observateurs » qui pour certains pourront un jour devenir actifs).
P comme "Partage", et plus précisément "Espace de partage" : ce n’est pas un simple flux qui passe dans le temps. Il permet de retrouver les éléments importants en fonction de la thématique plutôt que de celui du moment où ils ont été apportés. C’est un peu la mémoire du groupe.
I comme "Information". Elle concerne tout le monde (y compris ceux qui sont actuellement, en dehors de la communauté), mais comme c’est trop souvent la première (et parfois la seule) activité à laquelle on pense, je l’ai placée en dernier !
Selon Jean-Michel CORNU, il est essentiel de répartir le peu de temps dont vous disposez pour avoir même très imparfaitement ces quatre activités et votre groupe se développera de façon naturelle, sans rien oublier.
Dans des sociétés transformées par les usages du numérique, les compétences à coopérer/collaborer figurent au premier rang des savoirs à développer et portent des promesses d’efficience, d’innovation et de bien-être au travail. Pourtant, ces compétences sont aujourd’hui peu mises en avant dans les organisations professionnelles, et trop peu intégrées dans les parcours de formation des adultes. À partir de ce constat, une docteure en sciences de l’éducation, Elzbieta Sanojca, a cherché à identifier les compétences à développer pour travailler plus facilement avec les autres.
Quelles compétences pour savoir coopérer ?
Intuitivement, on peut tous se dire que coopérer n’est pas qu’une affaire de savoirs théoriques, mais intègre aussi beaucoup de savoir-faire et de savoir-être, ceux-là même qu'on peine souvent à identifier mais qui peuvent représenter des compétences à valoriser et/ou à acquérir. Les identifier représente donc un enjeu au niveau individuel et collectif. Dans ce contexte, la thèse publiée par Elzbieta Sanojca est particulièrement instructive.
Prenant comme sujet d’étude la formation Animacoop « Animer un projet collaboratif », avec plus de 200 stagiaires formés aux pratiques collaboratives entre 2010 et 2014 et quatre terrains professionnels d’observation sur les compétences réinvesties, elle a cherché à nommer les compétences-clés pour « bien » coopérer.
À partir de ces travaux, elle a identifié trois « compétences collaboratives pivots ». Une combinaison de ces trois compétences semble corrélée à une mise en œuvre plus riche de la coopération/collaboration. Elles peuvent donc être considérées comme des compétences « pivots » du projet collaboratif.
1/ Avoir « l’esprit collaboratif »
Cette qualité marquerait une prédisposition pour entrer dans la coopération, elle inclut :
avoir un a priori positif vis à vis de la collaboration
fonctionner en mode de réciprocité
avoir conscience de l’interdépendance vis à vis des autres
2/ Co-concevoir la structure de son projet
Animer un projet collaboratif commence dès la conception. Le fait de co-concevoir la structure de son projet dès le démarrage renforcerait l’engagement et la motivation mutuelle.
3/ Avoir un souci du bien commun
Un projet va générer des productions. Placer ces productions sous le sceau du « commun » indiquerait la maturité d’un groupe à coopérer/collaborer et consoliderait l’engagement à long terme.
Huit compétences « charnières »
En plus de ces 3 compétences collaboratives pivots, la thèse identifie 8 compétences charnières :
« avoir de l’humilité et un ego mesuré » (oui oui...),
« être bienveillant »,
« savoir engager des partenaires »,
« animer le groupe pour faciliter le travail »,
« être à l’écoute des personnes et des avis »,
« développer et maintenir un réseau d’acteurs »,
« gérer les informations »,
« agir pour atteindre les objectifs communs ».
Comment développer des compétences collaboratives ?
D'après cette thèse, il semble préférable de travailler sur un environnement favorable au développement de compétences collaboratives (cadre de travail, ambiance, motivations partagées, objectifs communs, méthodes de gestion de projets adaptées...) plutôt qu’une approche cloisonnée par individu et/ou par compétences spécifiques.
C'est justement sur ces enjeux que nous travaillerons durant la formation Animacoop (ça tombe bien, n'est-ce-pas ?)
Article initialement publié sous licence CC-By-SA par Lilian Ricaud, en 2018
Les petites expériences irréversibles de coopération
ContenuUn grand voyage commence par de tous petits pas.
Même s'il semble que la coopération soit une composante majeure de l'animal humain, quelques siècles de « saine concurrence », de « il ne faut pas copier », de « pour exister, ne doit rien à personne », etc. handicapent les humains qui s'y frottent. Il convient donc de, petit à petit, ré-instiller la dimension coopérative.
Tout changement est un processus de rupture qui demande un basculement dans les représentations, les idées, les méthodes des individus.
Pour qu'un réseau se mette à coopérer, il faut provoquer ces ruptures, ces basculements qui sont souvent irréversibles : nous proposons pour cela de faire vivre de petites expériences irréversibles de coopération.
Lever un menhir, 340 bonshommes qui tirent dans des sens différents mais pas trop fort : super comme expérience mais il faut avoir l'occasion.
Prendre des notes à plusieurs en même temps et sur une même page (avec Etherpad, Google doc ou Gobby : outils qui permettent de co-rédiger en ligne un texte), plus simple que lever un menhir mais bien efficace.
Animer un débat en utilisant des cartes heuristiques (Freeplane, Freemind, Xmind…) vidéo-projetées en direct, technique qui permet de visualiser d'un coup d'oeil toutes les idées du groupe et on passe d'une logique linéaire à une navigation par idées qui peut s'adapter au public (on peut facilement ajouter de nouvelles idées).
Faire faire et valoriser la rédaction de synthèses de listes de discussions (par exemple, au sein du réseau Tela Botanica, les membres du réseau discutent parfois sur les listes et forums de sujets très pointus. Celui qui a initié la discussion doit réaliser la synthèse. Il y a un classement des synthèses des listes de discussion suivant qu'il s'agit d'un simple copié-collé, ou d'une rédaction plus organisée).
Mettre du contenu imparfait, à corriger : n'écoutant que leur bravoure pour défendre la pureté de la Langue, ceux qui hier encore freinaient des quatre fers à l'idée de participer sur un outil informatique passent la barrière technique et corrige les fautes ! (cette astuce est encore plus efficace quand la faute porte sur le nom d'une personne : au souci de l'orthographe irréprochable, s'ajoute l'aiguillon de l'ego…).
En une phrase
Groupe enfant, adolescent, adulte...et cri de l'animateur-ice
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Un groupe évolue suivant différents niveau de maturité.
Lorsque le groupe est enfant, c'est avant tout l'animateur-ice qui prend les initiatives (on parle alors de "dictateur bienveillant").
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur-ice est "C'est moi qui fait tout !"
Au bout de 18 mois à deux ans (parfois plus pour des groupes "Tanguy" qui restent très longtemps dans le giron de l'animateur-ice), le groupe devient adolescent. Certains cherchent alors à prendre des initiatives et cela se fait au début contre l'animateur-ice. Ils adoptent alors un rôle de "leader négatif". Cette période, parfois dure à vivre pour les groupes comme pour les humains, est fondamentale car elle ouvre la porte à l'appropriation du groupe par ses membres. Pendant cette période, il est difficile souvent pour l'animateur-ice de se justifier voire de protéger le groupe d'un leader négatif qui en allant trop loin, met en péril le groupe.
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur-ice est "Ils font n'importe quoi !"
Dans la phase suivante, le groupe devient adulte. Suffisamment de membres se sont appropriés le groupe et sont même prêts à le défendre. Il ne sert à rien de griller les étapes, pour un groupe comme pour un humain, il faut passer par les différentes étapes. Vouloir constituer un groupe adulte de toute pièce dès le départ pourrait s'appeler le "syndrome de Frankenstein"...
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur-ice est "Mais à quoi je sers ?"
Parfois le groupe devient sénile. Il peut alors mourir mais peut-être a-t-il essaimé en donnant naissance ou en inspirant d'autres groupes, s'assurant ainsi une descendance.
La maturité d'un groupe peut aussi être traitée selon l'axe coopération/collaboration :
La démarche coopérative est plus structurée et encadrante. L'animateur organise et "contrôle" le travail. Ce type de travail convient davantage au "groupe-enfant";
La démarche collaborative est plus souple et les membres du groupe disposent de plus de liberté, Elle convient davantage au "groupe-adulte".
Mettre en œuvre de petites productions concrètes, partagées et positives
Contenu
Pour maintenir un niveau d'implication, il faut maintenir un niveau de motivation et de « retour sur investissement » suffisant. Si le groupe ne produit rien de visible et ne réussit jamais rien, alors les personnes risquent de se désimpliquer, de ne plus voir le sens du temps passé dans le projet, et les personnes non actives ou extérieur ne verront rien qui pourrait leur donner envie de s'impliqer une première fois.
Il est donc vital, de manière régulière, d'avancer concrètement de manière visible que ce soit sur de petites ou de grosses tâches, mais il faut en tous cas que depuis l'extérieur comme de l'intérieur on puissent constater chaque jour les pas effectués par le collectif.
En une phrase
L'individu est évidémment la clé de réussite (ou d'échec) d'un groupe
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Les travaux d'Elzbieta Sanojca posent l'hypothèse qu'une trentaine de compétences peuvent être mobilisées dans un processus collaboratif, notamment 3 compétences pivots
ContenuLes 3 éléments à travailler : repérer les sources de motivations, diminuer les freins et abaisser le seuil du passage à l'acte.
Le rôle de l'animat·eur·rice est de jouer sur 3 éléments afin de susciter l'implication.
1 – Les motivations principales pour s'impliquer dans un groupe sont (de façon non-exhaustive !).
La reconnaissance (par les pairs, par les leaders…),
il convient alors de valoriser les contributeurs par des mécanismes qui apportent de la reconnaissance,
l'animateur doit être capable de maîtriser son besoin de reconnaissance.
L'utilité du groupe, sa raison d'être, le sens.
L'apprentissage : la personne sait/sent qu'elle peut apprendre des choses.
Le sentiment du travail bien fait.
Le plaisir, le fun.
Le retour sur investissement.
La contrôlabilité, le fait d'être « en capacité de… » : si les personnes se sentent en capacité de faire, alors il y a de grandes chances pour qu'elles fassent ! Il s'agit de pouvoir voir des premières tâches qui nous soient accessibles ainsi et qu'un environnement qui permette d'être force de proposition (écoute).
2 – Les freins principaux à l'implication sont.
Le manque de sécurité (personnelle, professionnelle…). Travailler le "cadre de sécurité" (continuité des accords de groupe).
Le manque de confiance (dans le groupe, en soi).
La peur de ne pas pouvoir se désengager : il faut alors :
montrer clairement les portes de sorties / de désengagement,
poser ses propres limites,
faire valoir la « règle des 2 pieds » : si je n'apprends rien ici, si je ne donne/transmets rien ici, alors je suis libre de partir (sur mes 2 pieds).
Outils trop complexes.
Sujets trop complexes.
Pas assez de temps.
Perte de légitimité, ou de pouvoir.
Manque de convivialité, temps trop « sérieux ».
3 – Le seuil d'implication doit être le plus bas possible pour permettre le passage à l'acte, par exemple :
en gardant des tâches simples, pour intégrer des nouveaux (Keep It Simple and Stupid),
en étant réactif : si une personne fait preuve d'intérêt, il faut répondre tout de suite !
ContenuDisjoindre l'apprentissage de la coopération...
...de son utilisation sur des sujets brûlants !
Il est judicieux d'éviter les sujets polémiques pour s'initier à la coopération. Il vaut mieux tester méthodes et outils coopératifs sur de petits projets avec peu d'enjeux que sur des chantiers vitaux pour le réseau.
Par exemple, la mise en commun de fiches pédagogiques pour un réseau d'éducation à l'environnement, alors que ce qui est vital pour les membres du réseau c'est de trouver des moyens de se financer. Quand les membres du réseau auront acquis un peu d'expérience en matière de pratiques coopératives et auront développé un vécu commun, un chantier sur la mutualisation des moyens pourra être envisagé.
Numérique autant qu'il le faut, aussi peu que possible
Contenu
Accélération du temps, risques d'infobésité, écologie… les raisons ne manquent pas pour choisir de n'utiliser le numérique qu'en cas de nécessité.
Si nous en avons conscience peut-être plus facilement pour les outils numériques, cette règle est finalement valable pour tous les outils et toutes les méthodes : bien en clarifier l'intention et en valider la nécessité, c'est ne pas s'encombrer pour rien !
A l'issue de cette formation, nous souhaitons que vous maîtrisiez les éléments-clés du travail collaboratif avec les outils et méthodes issus du monde numérique.
Objectifs spécifiques
A l'issue de cette formation, nous souhaitons que vous...
• ayez construit une approche opérationnelle pour animer un projet collaboratif
• sachiez choisir et utiliser les outils numériques collaboratifs
• ayez produit des biens communs dans un groupe
• ayez développé une culture de la coopération, au niveau individuel et au niveau collectif
Il s'agit de la présente plateforme ; elle regroupe toutes les ressources et outils de la formation. C'est un wiki, chaque page peut-être modifiée par tout le monde.
Le menu, en haut de page, vous donne accès aux contenus selon 2 logiques :
une logique chronologique, c'est à dire selon le déroulé des contenus dans le temps
une logique pédagogique, proche de la première, mais où les contenus se regroupés par modules cohérents.
2. La liste de discussion formation-gap-2019@animacoop.net
Nous utiliserons cette liste de discussion pour échanger au sein du groupe... au moins au début de la formation ! (plus tard viendront d'autres surprises :-)
Cette liste de discussion permettra :
De recevoir les consignes et relance pour les modules et travaux à distance
D'interagir, de coopérer ensemble dans les activités de la formation
A noter :
Stagiaires et formateurs y sont inscrits
Par défaut, lorsque vous répondez à cette liste, le message est envoyé seulement à l'expéditeur. Veillez à cliquer sur "Répondre à tous" si vous souhaitez que votre message soit envoyé à toute la liste.
3. Le trombinoscope
Chaque participant dispose d'un espace personnel permettant de se faire connaître (ainsi que son projet support) au groupe et de partager ses découvertes et pépites ! Accéder aux pages personnelles
Contenu
Lorsque nous mettons en place un nouvel outil numérique, deux opportunités principales se présentent à nous.
1. Attirer les dubitatifs au lieu de les rebuter — Si mon nouvel outil est génial mais demande aux humains qui veulent l'utiliser de s'identifier, cela risque de
renforcer la méfiance de ceux qui doutent du bien fondé d'un tel outil,
leur compliquer la tâche,
leur donner une excuse pour ne pas y arriver,
…
2. Faire vivre une expérience irréversible de coopération — Mettre à disposition sans restriction un outil imparfait permet à chacun de réagir, et donc de s'approprier l'outil, en agissant ou en discutant avec le groupe de l'outil et de son usage.
Par défaut, on choisira donc, de préférence de laisser les outils le plus ouverts possible.
Contenu
Dans un groupe, il y a souvent différentes manières d'arriver à un même résultat. Et, de manière générale, nous avons tous des avis différents sur tout. L'idéal sera de prendre le temps de trouver chaque fois la solution qui contentera les besoins de chacuns, dit autrement l'enjeu pour être efficace sera d'abord de trouver la solution qui ne rencontre les limites de personnes.
En effet, nous pourrions vite passer des heures pour trancher sur chaque choix qui s'offre au groupe si nous tentons de remplir totalement les besoins de chacun. À l'inverse, l'exercice sera d'autant plus efficace que les personnes sauront individuellement faire la part des choses entre :
leurs besoins d'une part (« Si on ne fait pas de cette manière, ça rencontrera une limite pour moi, et je devrai partir ») et
leurs préférences d'autre part (« j'aimerais faire comme ça, mais si on peut pas, ça m'ira quand même »).
Passer d'une logique d'intention à une posture d'attention
Type de fiche
Thématique concernée
Description
En intention, le coordonnateur-ice prévoit dès le début les objectifs, les résultats à atteindre, le déroulement du projet, le calendrier, le budget... c'est la méthodologie de projet traditionnelle.
En attention, l'animateur-ice
crée des situations coopératives (faire se rencontrer les personnes, faire en sorte qu'elles se présentent, qu'elles puissent échanger...),
doit faire émerger les besoins collectifs
doit être ensuite réactif pour que ce qui a émergé de la situation coopérative puisse déboucher sur des projets, des actions, du travail coopératif
C'est la méthodologie de projet coopératif
L'animateur-rice doit apprendre à...
mettre ses idées de côté
privilégier l'écoute et l'observation
être concentré-e sur le processus plutôt que sur le résultat
En une phrase
Utiliser une image pour s'exprimer plus facilement en groupe
Objectif·s de l'animation
Description
- Mettre à disposition une collection variée d’images/cartes postales et choisir la question.
- Poser la question (image qui vous représente, humeur du jour, opinion sur un sujet).
- Choisir: « Choisissez 1 ou 2 images qui représentent au mieux votre réponse ».
- Échanger en groupe: Chaque participant présente au groupe son image en la posant contre son torse et donne une explication.
Si le groupe est important, présenter en 1 mot
Lorsque la personne s'est exprimée, elle a partagé avec le groupe sa réponse. Il est important d'en tenir compte pour la suite de l'animation (ex : moi j'ai choisi... parceque mon humeur c'est à l'orage, ça ne va pas du tout...)
Porter attention aux états physiques, intellectuels et psychologiques
Contenu
Nous sommes des êtres complexes faits d'un joyeux mélange d'histoire(s), de culture(s), d'expérience(s), d'émotion(s). Et nous ne pouvons pas complètement ignorer ce qui s'est passé la veille ou 2 minutes avant l'entrée en réunion pour se concentrer totalement sur l'instant présent, ni ne pouvons ignorer les plus ou moins bonnes expériences vécues sur les sujets traités et arriver l'esprit ouvert à toutes propositions.
Pour permettre aux membres d'un groupe de « poser leurs valises » à l'entrée de la salle, rien de mieux que de commencer par une session de partage de l'état dans lequel on arrive, émotionnel et/ou pratico-pratique… Sans pour autant être un déballage collectif des états d'humeur (ce n'est pas non plus un cabinet de psy) !
Quelques outils simples comme une "météo du jour" ou encore un tirage de cartes type photolangage peuvent permettre de parler de son état de façon imagée (« orageux avec éclaircies à l'horizon » ou encore « je vois un chemin qui ne mène nulle part »…) en gardant une certaine distance mais en communiquant au reste du groupe son « état du jour » qui peut permettre d'expliquer certaines réactions plus tard et désamorcer d'éventuelles tensions liées à des incompréhensions.
Pourquoi mettre en oeuvre des projets coopératifs, pourquoi choisir des outils libres et ouverts ?
On pourrait vous dire 1 + 1 = 3, tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin, que la concurrence ce n'est pas bien et que la coopération c'est super... Et vous endormir joliment mais là n'est pas le propos.
D'une part, ré affirmer que la coopération, l'action de faire œuvre commune, de faire ensemble, est simplement une singularité poussée à l’extrême par l'animal nommé Homo sapiens. Sans poils, sans griffes, sans plumes et autres accessoires le genre Homo n'aurait pas fait long feu sans sa capacité à faire équipe pour gérer sa survie. Et ça semble avoir pas mal fonctionné, alors, déjà, coopérons pour ré affirmer notre Humanité. Le Self made man ne restera qu'une argutie de l'histoire.
Mais surtout, il est possible que les quelques problèmes auxquels est confrontée notre humanité ne semblent pas pouvoir être résolus par un homme seul derrière un bureau.
Les urgences sociales, climatiques, environnementales et j'en passe et des meilleures devront être solutionnées collectivement. Si l'on attend simplement que chacun reste dans une logique de changement individuel sans élaborer et mettre en oeuvre collectivement des futurs possibles désirables, je crains que le genre Homo ne laisse sa trace que comme joli fossile de l'histoire de cette planète qu'il aura dévastée avant de disparaître.
Il y a un tout petit peu urgence (certains pensent qu'il y a le feu à la maison), en tous cas, il est grand temps d'unir nos énergies, initiatives, expérimentations, afin de co-élaborer un avenir viable et désirable.
Il est donc urgentissime que les acteurs dits "de la transition" coopèrent. Certes coopèrent au sein des équipes et projets mais là est moins notre propos que le fait que les équipes coopèrent aussi entre elles.
Il faut absolument que cette coopération soit ouverte et leur partage sincère.
Comme il est inacceptable qu'un médicament, un vaccin soit réservé à des personnes riches ou puissantes. Il est inconcevable, irresponsable vu le contexte qu'une méthode, un outil, un concept, une esquisse de solution pertinente ne soit pas partagée sincèrement pour aller vers des solutions pour tous.
C'est dans ce cadre que l'articulation d'outils non propriétaires et de contenus ouverts sincèrement partagés mais protégés comme étant des communs fait sens politique.
Est-il possible pour les chantiers précédemment évoqués d'utiliser des outils de réseaux dit "sociaux" dont les contenus soient triés pour vous par un algorithme, afin de susciter des pics d’ocytocine, vous enfermant dans une jolie bulle pensée pour vous ?
Est-il possible que les contenus partagés sur ces réseaux dits sociaux puissent disparaître du jour au lendemain au bon vouloir et soient utilisés comme bon leur semble par les propriétaires de ces réseaux ?
Mais est-il possible que les solutions, outils, méthodes bénéfiques à notre humanité soient privatisés par une structure, une association, une collectivité locale, une université , alors qu’il est urgent qu’ils soient utilisés largement pour le bien de tous et largement diffusés, adaptés, amplifiés ?
Nous pensons que les outils libres et les contenus protégés et partagés comme étant des communs font parfaite synergie pour ces transitions nécessaires pour de nouvelles humanités viables et désirables articulées en archipels d'îlots féconds.
Contenu
En choisissant un outil, il faut bien avoir en tête que le groupe aura a le vivre et à l'expérimenter, quand bien même la personne qui le propose le maîtrise. Il ne faut donc pas avoir peur de pratiquer, de tester, de découvrir les choses en marchant !
Celà est aussi une manière de dire qu'il faut laisser le groupe faire ses propres découvertes, qui garantiront notamment :
qu'un maximum de personnes aura acquis une maîtrise plus fine de l'outil que la simple utilisation des quelques fonctionnalités attendues de sa part,
que l'outil, une fois choisi, sera effectivement utilisé et qu'il correspondra bien aux usages réels du groupe, sans trop en présumer.
En une phrase
Car ce sont les proactifs de demain ! (anticiper le renouvellement des membres)
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Les proactifs d'aujourd'hui finiront par se désimpliquer. La question n'est pas "si", mais "quand".
Pour anticiper le renouvellement de forces vives dans le groupe, l'animateur peut aller chercher les réactifs par petite touche, par exemple
en leur donnant l'occasion de s'exprimer :
en dehors des réunions, lors de temps moins formels
anonymement parfois (boites à idées ouvertes, questionnaire en ligne...)
en les sollicitant directement pour une petite action, ou pour une aide ponctuelle
...
Le principal est de les accompagner dans leurs 1ers pas d'implication
ContenuCar ce sont les proactifs de demain ! (anticiper le renouvellement des membres)
Les proactifs d'aujourd'hui finiront par se désimpliquer. La question n'est pas « si », mais « quand ».
Pour anticiper le renouvellement de forces vives dans le groupe, l'animateur peut aller chercher les réactifs par petite touche, par exemple :
en leur donnant l'occasion de s'exprimer :
en dehors des réunions, lors de temps moins formels
anonymement parfois (boites à idées ouvertes, questionnaire en ligne...)
en les sollicitant directement pour une petite action, ou pour une aide ponctuelle
etc.
Le principal est de les accompagner dans leurs premiers pas d'implication.
En une phrase
Marre des tours de table de présentation ?
Objectif·s de l'animation
Description
Les participants se regroupent en binôme avec la consigne de se présenter à l’autre selon deux ou trois axes choisis par l’animateur (exemple : parcours professionnel / activité actuelle / intérêt pour la rencontre ; travaux en cours / sujet préféré du métier exercé / hobby) pendant 5mn.
Puis le groupe se reconstitue et chaque binôme doit exprimer ce qu’il a retenu de la présentation de l’autre (2mn par personne). La personne présentée peut compléter si des éléments ont été oubliés.
L'intérêt de l'exercice est double :
présenter une autre personne peut être plus facile pour une personne n’osant pas trop s’exprimer;
ce premier échange de proximité permet d'échanger au moins plus directement avec une des personnes de l’assemblée et de mieux connaître l’ensemble du groupe.
ContenuDonner à voir les tâches à faire et les réunions
Cela consiste par exemple en :
lister les temps de réunions et leur fonction,
lister les tâches, notamment les plus simples qui permettrait à des nouveaux de faire un 1er pas dans leur implication. C'est le Premier Petit Pas Possible (PPPP).
Puis donner à voir ces espaces d'implication, par ex. :
une liste de tâches à faire, nécessitant des compétences variées (tailler les arbres, faire une liste des producteurs de la vallée),
une liste de tâches à faire organisées dans le temps : une frise chronologique sur l'année,
une liste de tâches à faire organisées selon le temps disponible de la personne,
Ces exemples peuvent évidemment être déclinés en numérique.
En une phrase
Donner à voir les tâches à faire et les réunions
Type de fiche
Thématique concernée
Description
cela consiste par exemple à
lister les temps de réunions et leur fonction
lister les tâches, notamment les plus simples qui permettrait à des nouveaux de faire un 1er pas dans leur implication. C'est le Premier Petit Pas Possible (PPPP)
Puis donner à voir ces espaces d'implication, par ex
une liste de tâches à faire, nécessitant des compétences variées (tailler les arbres, faire une liste des producteurs de la vallées)
une liste de tâches à faire organisées dans le temps : une frise chronologique sur l'année
une liste de tâches à faire organisées selon le temps disponible de la personne
Ces exemples peuvent évidemment être déclinés en numérique.
L'outil n'est pas choisi une bonne fois pour toute
C'est l'usage qui est stable (et encore…).
L'outil doit pouvoir évoluer en fonction de
votre compréhension de votre besoin,
la composition du groupe,
l'évolution de votre usage,
ce que le net vous offre.
Nous vous invitons à ritualiser la remise en question de vos outils : vérifier qu'ils correspondent toujours à un usage, que les accords définis sont respectés.
Accueillir une nouvelle personne et lui présenter les outils du groupe peut être une bonne occasion de ce poser des questions. En faisant cet état des lieux vous allez peut-être vous rendre compte d'incohérences, ne les mettez pas sous le tapis !
Et aussi, le groupe bouge : de nouvelles personnes vous rejoignent, d'autres vous quittent, les projets évoluent… donc vos usages et besoins bougent aussi, et les outils avec !
Cette fiche est construite à partir d'une ressource publiée sous licence CC-By-SA Louise Didier sur Interpole
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Quelques moments importants en réunion
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Des rituels, pour donner le tempo
Différents moments de la vie du groupe peuvent mériter d'être ritualisés quand ils sont trop important pour que l'on se permette de les oublier.
Se réunir régulièrement
Pour être vivant, le groupe doit nécessairement se réunir régulièrement que ce soit en présence ou à distance. Cette régularité prouve au groupe qu'il est en vie. Cette régularité dépend des groupes, ce peut être une fois par an pour les adhérents à une association (assemblée générale), une fois par mois pour un conseil d'administration,...
Acter une régularité de rencontre permet surtout de déceler des dysfonctionnement : si quelqu'un ne vient plus, si les rencontres s'espacent et finissent par ne plus se faire au rythme minimum définit par le groupe, c'est un signal qui dit nous alerter quand à la vitalité du projet.
L'ouverture
Elle consiste à permettre aux participants de partager leur "humeur du moment", dire dans quel état ils abordent la réunion.
Objectif : Laisser ses petits tracas au vestiaire, le cas échéant, partager un gros souci avec le groupe. Dans les 2 cas, l'ouverture s'attache à ce que les émotions liées à une préoccupation personnelle ne viennent pas perturber le fonctionnement du groupe et à ce que chacun puisse être disponible, "au centre".
Éventuellement commencer par soi (donner l'exemple) pour donner le ton “authentique”.
Outils :
la Météo sous forme de métaphore sur le brouillard, le soleil, nuageux, etc.
avec un support (photos, images, smileys...) : je choisis une photo qui me parle et je m'exprime sur cette base
La Clôture
Elle est à intégrer également le plus possible dans les réunions ou événements.
Objectifs : exprimer les bons moments qui donnent de l'énergie “au centre”, exprimer les tensions et difficultés, ce qui donne une chance de les traiter collectivement dès qu'elles se présentent, même en dehors de la réunion, sans laisser les ressentiments et les commérages pourrir et consumer l'énergie du groupe.
Outils :
"je prends / je laisse" (pour un groupe jusqu'à 15 personnes max sinon trop long)
"pépitérato", pour un plus grand groupe : l'animateur prend 3 personnes qui souhaitent partager
une pépite (ce que j'ai apprécié, découvert...) et 3 autres qui souhaitent partager un râteau (ce que
je n'ai pas apprécié)
"lancer de mots" : en 3mn, en mode "pop corn" (pas en tour de cercle) les personnes disent des mots qui leur viennent à l'esprit sur leurs ressentis.
Les règles de base pour les clôtures :
j'évoque mon ressenti (je ne refais pas la synthèse)
je n'ai pas le droit de réagir sur le ressenti de quelqu'un d'autre
je ne prends la parole qu'une seule fois
ce qui doit être dit est dit ici
j'utilise le "je" et j'évite le jugement de l'autre (le "Tu" tue)
s'assurer que tout le monde a eu l'occasion de s'exprimer (il n'y a pas d'obligation à s'exprimer).
Constat : il est parfois difficile de dire un ressenti négatif sans juger et sans blesser... Prendre le temps d'instaurer les rituels d'ouverture et de clôture à chaque fois pour que les personnes s'ouvrent petit à petit et deviennent de plus en plus authentiques dans leurs prises de parole.
Les célébration
Enfin, il est bon de célébrer les avancées du projet et/ou du collectif (en les répertoriant sur un panneau par
exemple). La célébration de ce qui a été accompli pendant la réunion permet de de poser un regard dans le rétroviseur et de réaliser le chemin accompli.
Les temps de rencontre et les moments de notre emploi du temps dédiés au projets deviennent sinon dédiés à des chose sà faire, à des problèmes à résoudre, et on peut alors ne plus voir que les choses avancent et ne pas suffisamment prendre conscience du plaisir pris à s'impliquer dans le groupe.
Les temps de régulation
Ritualiser un temps de régulation dans chaque ordre du jour permet de s'assurer que les problèmes ou conflits vécus par les uns et les autres ont un espace pour s'exprimer. Cet espace est indispensable car comme il s'agit d'un moment généralement désagréable, les concernés ont souvent tendance à ne pas le demander. Or, une problématique non traitée peut rapidement enfler et finir par mettre en péril le groupe ou l'implication de certains de ses membres.
Ressource CC-BY-SA Auteur-e-s : Sarah Gaucher, Alice Oschner, Romain Lalande, Cré-sol
Description
Sans doute la compétence la plus fine de la facilitation : "sentir" le groupe.
Lorsqu'on s'aperçoit que son animation patauge, que le groupe n'est pas dans de bonnes conditions (tensions palpables, actualité hors-norme qui empêche toute concentration...), il vaut mieux arrêter l'animation en cours.
2 solutions sont alors possibles :
1/ vous proposez un autre déroulé sur le vif, en revoyant les ambitions de la réunion à la baisse et en proposant un autre déroulé. Parfois, cela peut signifier changer complètement l'objectif de la réunion, notamment en prenant les tensions à bras le corps et en les traitant avec méthode.
2/ Vous aviez prévu que le contexte pouvait être difficile et vous avez donc un plan B ! C'est plus confortable, mais demande plus de préparation et pas toujours facile à anticiper.
Contenu
Animacoop repose sur une diversité de format pédagogique :
des modules à distance, à suivre seul⋅e devant un ordinateur. Ils sont conçus pour une durée de 15 jours, mais restent accessibles à tout moment.
des regroupements en "présentiel", c'est à dire "en vrai". Il y a 3 regroupements de 2 jours. Notez bien ces dates, ce sont les temps forts de la formation : 15-16 avril 2019, 6-7 juin, et 2 journées fin septembre-début octobre 2019.
des exercices de groupes à distance
des webinaires, organisés par les formateurs⋅ices des différentes sessions Animacoop en France. Ils prennent la forme d'une visioconférence, scindées en 20 minutes de présentation sur un sujet précis, puis 20 minutes de questions-réponses avec les participants.
Apprentissage en autonomie
Chaque participant est autonome quant à la manière de consulter les modules à distance de la formation. Ceux-ci peuvent être abordés en une seule fois ou en plusieurs moments fractionnés. Cela dépend à la fois de votre volume horaire disponible pour la formation et du fonctionnement individuel de chacun⋅e.
Des messages sont envoyés 2 à 3 fois par quinzaine pour rythmer les apprentissages et mettre l'accent sur certains contenus.
Le temps de formation individuelle à distance peuvent être un piège en matière d'organisation (on les repousse, les annule en cas de "réunion importante" etc.). Quelques conseils pour s'aménager des temps dédiés à la formation
1. Une bonne pratique consiste à sanctuariser un créneau dans votre semaine, dédié aux modules à distance (ex : tous les lundis de 9h à 12h)
2. Informer ses collègues de travail des temps d'indisponibilité où vous vous consacrez à Animacoop
3. "Débrancher" le téléphone, mettre le portable sur silencieux, fermer votre boite de courriel et la porte de votre bureau (pour ne pas être dérangé⋅e).
Les différents cours et ressources proposés sont légendés de la manière suivante :
""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" ""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" ""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" A consulter absolument
""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" ""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" A consulter si le sujet est nouveau ou mal maîtrisé (en fonction de vos connaissances et de votre projet)
""<span class="glyphicon glyphicon-eye-open"></span>"" A consulter pour aller plus loin (selon le temps disponible et vos centres d'intérêts)
En une phrase
Se projeter dans le futur en imaginant que le projet est déjà terminé et à « se rappeler » ce qui s’est passé.
Objectif·s de l'animation
DescriptionLa méthode synthétique
0. Concevoir la question.
1. Poser la question: « Quelques mois ou quelques années ont passé et le projet a réussi. Ça été un grand succès pour tous.tes. Pourquoi ? Décrivez ce qui vous a plu en parlant au passé.
2. Réfléchir: notez de manière lisible un « souvenir » par post-it
3. Mettre en commun les souvenirs
4. Capitaliser (TRI PAR AFFINITÉ, MANDALA HOLISTIQUE, …)
Stigmergie, et autres modes d'organisation adaptées
Contenu"La stigmergie est une méthode de communication indirecte dans un environnement émergent auto-organisé, où les individus communiquent entre eux en modifiant leur environnement." (Wikipedia)
Il existe différents modes d'organisation possibles, qui correspondent à des visions du monde différentes.
Si nous prenons l'exemple :
d'une organisation verticale, très hiérarchisée et s'inscrivant dans une démarche concurrentielle :
pour pouvoir agir, les individus ont besoin de l'approbation de la hiérarchie,
une part importante des ressources est consacrée au fait de "cacher sa copie" (brevets, protection des idées, fidélisation des talents, etc.), dans la promotion des productions/services (publicité, relations presses, réseaux sociaux, etc.) ;
d'une organisation horizontale s'incrivant en premier lieu dans une démarche coopérative :
pour pouvoir agir, les individus ont besoin de l'approbation du groupe :
ce qui devient compliqué au-delà de 8 personnes, et s'avère énergivore et chronophage au-delà de 25 personnes, d'où l'idée de travailler en petits groupes,
ce qui peut être source de conflits inter-personnels parfois difficiles à vivre (d'où l'idée d'attribuer des rôles et des redevabilités aux petits groupes et à ses membres).
une part importante des ressources est consacrée aux discussions pour arriver à un consensus.
Dans les deux cas, on observe un risque de démotivation et d'essoufflement des parties prenantes.
La stigmergie propose une autre voie, plus organique et centrée avant tout sur l'amélioration du système. Le pouvoir d'agir n'est pas conditionné par l'approbation d'un supérieur hiérarchique ou du collectif, mais au fait que les idées soient bonnes et rencontrent les retours favorables de ses utilisateurs. Le moteur principal est le plaisir et l'envie de contribuer pour améliorer le système.
Pour coopérer il faut du temps pour démontrer collectivement le besoin, se connaître, négocier, échanger, partager… Donc si vous devez, avec un groupe qui ne se connaît pas du tout, réaliser un truc pour hier… plutôt être bien directif et préparer proprement le chantier. Par contre, un groupe qui a l'habitude de coopérer (est persuadé de l'intérêt, connaît les modalités et les outils) pourra, sur un temps bref, mobiliser le savoir-faire collectif acquis sur la durée. Donc autant s'habituer à coopérer par temps calme avant de pouvoir mobiliser ces nouveaux pouvoirs acquis par gros temps.
2 - Êtes-vous prêts à partager le pouvoir ?
Passer du « je » au « nous » n'est pas forcément évident pour des individus sélectionnés sur leur capacité à exister seul, à penser seul, à décider seul… pour les autres et pour leur bien…
Pour certains, partager ses pouvoirs, passer d'une logique d'expertise individuelle à celle d'intelligence collective est simplement impossible. Mon expertise me permet d'exister au-dessus des autres, de valider leurs faits et gestes, coopérer me fait exister avec les autres, ma fierté s'incarne diluée dans notre production collective. Dans certains groupes et avec certaines personnes, le chantier est quasi psychanalytique avant d'imaginer pouvoir un jour coopérer.
3 - Êtes-vous prêts à partager vos idées ?
Si la majorité des composantes de votre groupe n'est pas prête à partager infos, idées, ressources parce que « je ne souhaite pas que mon idée soit utilisée par d'autres », « je ne souhaite pas que mon idée soit modifiée », « je ne souhaite pas que mon idée m'échappe »… Nous vous conseillons de revenir à des fondamentaux et prendre le temps de discuter ratio avantages/inconvénients à faire ensemble, à coopérer, plutôt qu'à ne pas le faire. Et s'ils continuent à vouloir exister seuls, pousser le trait en leur faisant vivre une « petite expérience réversible de solitude ».
4 - Plus prosaïquement
Si l'on regarde plus précisément les différents tempo d'un projet, il serait illusoire et pénible de coopérer sur tout et tout le temps. Par contre, clarifier et discuter avec le groupe quelles sont les grandes étapes du projet et comment elles sont gérées permet d'avancer à la mesure du groupe, en instillant un peu plus de coopération lors de certaines phases et un peu moins dans d'autres.
En une phrase
Votre projet comporte des proactifs, des réactifs, des observateurs et des inactifs
Type de fiche
Thématique concernée
Description
Les "proactifs" qui prennent des initiatives sont entre un et quelques pour cent.
Les "réactifs" qui réagissent lorsqu'on les sollicite sont entre dix et quelques dizaines de pour cent.
Certains sont des "observateurs", suivent les travaux du groupe, les utilisent pour eux, même s'ils ne participent pas.
D'autres sont inactifs.
Vu de notre place d'animateur, la difficulté est qu'on ne peut pas faire la différence entre les observateurs et les inactifs, puisque ni l'un ni l'autre ne donne signe de vie. Par contre, en facilitant son implication, on pourra permettre à un observateur de basculer dans l'action et de devenir réactif.
Ainsi, il y a toute une gradation dans les rôles plus ou moins actifs que peut prendre un participant, lui permettant de s'impliquer de plus en plus... ou de moins en moins.
Contenu CC-By-SA, auteur Jean-Michel CORNU (source), modifications par Nicolas GEIGER.
ContenuVotre projet comporte des proactifs, des réactifs, des observateurs et des inactifs
Les « proactifs », qui prennent des initiatives, sont entre un et quelques pour cent.
Les « réactifs », qui réagissent lorsqu'on les sollicite, sont entre dix et quelques dizaines de pour cent.
Certains sont des « observateurs », suivent les travaux du groupe, les utilisent pour eux, même s'ils ne participent pas.
D'autres sont inactifs.
Vu de notre place d'animateur, la difficulté est qu'on ne peut pas faire la différence entre les observateurs et les inactifs, puisque ni les uns ni les autres ne donnent signe de vie. Par contre, en facilitant son implication, on pourra permettre à un observateur de basculer dans l'action et de devenir réactif.
Ainsi, il y a toute une gradation dans les rôles plus ou moins actifs que peut prendre un participant, lui permettant de s'impliquer de plus en plus… ou de moins en moins.
En une phrase
Est-ce que ça convient à tout le monde ?
Description
La validation des échanges par le groupe, sert à marquer la fin d'un point ou la fin d'une réunion : cela fait appel à la capacité de l'animateur·ice à repérer les points essentiels des discussions et à les synthétiser pour les rendre clairs à l’ensemble du groupe et enfin à les faire valider. Le compte-rendu reprendra donc les éléments de cette validation.
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