ARPENTAGE - ROBUSTESSE

Extrait du livre : Antidote au culte de la performance : La robustesse du vivant (Olivier Hamant) - tracts Gallimard


LE JEU DE CLÉS DU VIVANT

Qui d’autres que les êtres vivants pour nous aider à basculer vers l’adaptabilité ? Comme le dit le mathématicien et inspirateur de la décroissance, Nicholas Georgescu-Roegen, la biologie « nous révèle la vraie nature du processus économique ». Sans béatitude donc, il s’agit d’inventer une trajectoire pragmatique, prenant acte du monde fluctuant, et dont le vivant, expert des turbulences, possède et partage certaines clés.
Le vivant n’a pas servi de modèle pour nos sociétés. C’est plutôt le fonctionnement de nos sociétés qui a biaisé notre vision du vivant. En particulier, le modèle d’optimisation industrielle a été plaqué sur le vivant au XIXe siècle. Certains pans du biomimétisme continuent sur cette voie en distinguant certaines innovations naturelles hyperperformantes, comme l’hydrodynamisme remarquable des écailles striées de la peau de requin. En regardant certains documentaires animaliers, nous pourrions aussi avoir l’impression que le vivant est un champ de bataille au service d’une compétition très féroce. Une lecture biaisée de L’Origine des espèces de Darwin pourrait enfin confirmer cette impression : seuls les plus forts seraient sélectionnés au cours de l’évolution. Alors le vivant nous montre-t-il vraiment un autre chemin, ou nous conforte-t-il dans la voie de la performance ?

L’idée du vivant performant peut avoir une part de vérité dans une pensée réductionniste où certains mécanismes biologiques sont isolés de leur contexte. Elle est totalement fausse quand on considère les systèmes vivants dans leur ensemble. Pire, cette fable du vivant efficace, efficient et sélectionné pour sa performance, nourrit une pensée toxique pour nos sociétés, dont le darwinisme social est l’emblème. Penser le vivant comme un système optimisé en dit long sur notre obsession de l’efficacité, mais ne dit rien du vivant.

Alors disons-le très clairement : le vivant n’est pas performant : il n’est ni efficace (il n’a pas d’objectif), ni efficient (il gâche énormément d’énergie et de ressources). Darwin lui-même disait que sont sélectionnés au cours de l’évolution les êtres avec des caractères satisfaisants. Autant dire qu’un 10/20, mention passable, est bien suffisant pour traverser les millions d’années. On est loin de la sélection du plus adapté ! Ce réexamen du vivant, riche de ses nombreuses contre-performances, est consolidé par une révolution récente en biologie : l’approche intégrative et systémique. Cela mérite un autre détour.

LE VIVANT, UN SYSTÈME ROBUSTE

Que trouve-t-on dans les réseaux des écosystèmes, les réseaux de neurones ou les réseaux génétiques ? De façon massive et prévalente : de l’hétérogénéité, des processus aléatoires, des lenteurs, des délais, des redondances, des incohérences, des erreurs et de l’inachèvement. Le vivant héberge surtout une myriade de contre-performances à toutes les échelles, de la molécule à l’écosystème.
Pensez à la photosynthèse, qui permet de convertir le CO2 en fibre de carbone pour construire les plantes et nourrir la quasi-totalité des écosystèmes terrestres. Ce processus qui est apparu il y a 3,8 milliards d’années affiche un rendement, en général, inférieur à 1 %. Dit autrement, les plantes gâchent 99 % de l’énergie solaire ! On est bien loin des panneaux solaires et de leur rendement autour de 15 %. Aucune trace d’optimisation en 3,8 milliards d’années, voilà qui devrait nous interroger.

Si on descend la chaîne alimentaire, les animaux herbivores gâchent 90 % de l’énergie fournie par les plantes consommées, et les animaux carnivores gaspillent de nouveau 90 % de l’énergie fournie par les animaux consommés. La chaîne alimentaire est avant tout une chaîne du gâchis, un carnage de ressources énergétiques.

Aujourd’hui, nous savons que ce gaspillage est absolument nécessaire à la photosynthèse pour gérer les fluctuations lumineuses et biologiques, et de même, l’énergie dilapidée le long de la chaîne alimentaire permet aux services écosystémiques de fonctionner, notamment pour amortir les fluctuations environnementales. Pensez par exemple aux décomposeurs du sol qui ont besoin de cet excès de biomasse pour maintenir la fertilité et l’hygrométrie des sols. Si la photosynthèse était optimisée, les plantes ne seraient plus capables de gérer des fluctuations lumineuses, et les sols ne seraient plus capables de gérer les fluctuations de fertilité et de sècheresse. L’optimisation peut avoir du sens quand les contraintes sont connues et prévisibles. Dans le cas contraire, il faut éviter l’optimisation, totalement.
Une autre illustration plus simple est celle de la température corporelle. La plupart de nos enzymes sont à leur optimum d’activité à une température de 40oC. Les 3oC de différence qui les séparent de la température de croisière sont énormes : certaines enzymes sont un million de fois plus actives à 40oC qu’à 37oC. En temps normal, notre corps fonctionne donc de façon satisfaisante, ni plus ni moins. À 40oC, la fièvre est là, et notre métabolisme – notamment notre système immunitaire – est extrêmement performant. Dès lors, on comprend bien l’intérêt d’être sous-optimal en temps normal : de grandes marges de manœuvre nous permettent de gérer une fluctuation imprévisible, l’arrivée d’un pathogène. Avec la fièvre, on voit aussi que la performance n’est pas exclue ; elle est plutôt autorisée. Sur dérogation, pourrait-on ajouter. En effet, la fièvre doit rester transitoire : une température de 40oC au-delà de trois jours dénature les protéines et conduit à la mort. Chez les vivants, la performance, c’est surtout le risque d’un burn-out (moléculaire).

Finalement, les êtres vivants ne sont pas sélectionnés sur leur niveau de performance ; ils sont d’abord sélectionnés sur leur niveau de robustesse, c’est-à-dire la capacité à se maintenir stable (sur le court terme) et viable (sur le long terme) malgré les fluctuations. Dit autrement, vivre c’est d’abord résister. Les êtres vivants ont développé des marges de manœuvre très importantes pour ne pas tomber, en réponse au caractère fondamentalement imprévisible de leur milieu. Il s’agit de viser ni le maximum, ni même l’optimum, mais d’être sous-optimal pour pouvoir parer aux aléas.

La performance, définie comme la somme de l’efficacité et de l’efficience, réduit le champ des possibles, en limitant les options, par essence. Elle requiert un environnement parfaitement prévisible pour se construire et se justifier. La robustesse au contraire ouvre les possibles, en multipliant les options. Elle crée des chemins alternatifs dans un environnement imprévisible.

Comme pour l’opposition entre adaptation et adaptabilité, il est physiquement impossible d’être à la fois très performant et très robuste. Une fois cette donnée prise en compte, c’est à nous de choisir comment habiter le monde, sinon c’est le monde qui le fera pour nous.

HABITER LE MONDE FLUCTUANT

L’hypothèse cachée de la plupart des projets que nous élaborons, des centrales nucléaires aux éoliennes géantes off-shore, est un monde stable, en abondance de ressources et en paix. Alors que nous entrons dans le monde fluctuant, cette hypothèse héritée du monde performant n’est plus vérifiée. La robustesse comme réponse opérationnelle aux fluctuations sociales, financières, sanitaires, écologiques, énergétiques ou géopolitiques va définir l’ère qui s’ouvre.
Il s’agit d’une révolution copernicienne. Depuis le Néolithique, le progrès de l’humanité a été guidé par les gains de performance d’abord. La suroptimisation qui en découle a fragilisé les sociétés humaines et les écosystèmes. Du manifeste altermondialiste No logo de Naomi Klein, jusqu’aux pénuries plus anecdotiques de moutarde en France parce que la sècheresse s’abat sur le Canada en 2021, la mondialisation se révèle être un château de carte. À l’avenir, le progrès de l’humanité sera nécessairement guidé par des gains de robustesse, contre l’optimisation.

Comment nommer cette nouvelle époque ? Après le Néolithique, l’ère de la pierre polie optimisée, nous entrons peut-être dans l’ère de la pierre rugueuse, bricolée, hétérogène et polyvalente. Ou peut-être plutôt dans le « Néophytique », tant nos outils à venir vont surtout dépendre de la bioéconomie circulaire, et donc de notre seule ressource renouvelable et massive : les plantes (« phyto » en grec ancien). Ce nouveau lien au végétal, si imprévisible et arborescent, est d’ailleurs aussi bien matériel qu’immatériel : la robustesse construite sur une forme de sous-optimalité pourrait nous aider à nous réenraciner sur Terre. Après 10 000 ans de performance en autojustification, les habitants du monde fluctuant seront donc des « néophytes » à double titre.

LA ROBUSTESSE AVANT LA SOBRIÉTÉ

Par quoi faut-il commencer, la robustesse ou la sobriété ? Placer l’injonction de sobriété avant celle de la robustesse pourrait conduire à des effets rebonds et d’autres externalités négatives. C’est déjà le cas quand on pense au SUV électrique ou à la culture du palmier à huile qui étaient censés réduire la consommation d’énergie fossile, grâce au tout-électrique et à la production de biocarburants, respectivement. Comme on l’a vu, la sobriété peut aussi souffrir d’un biais réductionniste si elle se limite à de l’efficience. Par ailleurs, le « moins de biens, plus de liens » des adeptes de la décroissance ne donne pas de critère clair pour guider le choix des liens à tisser.
Donner le primat à la robustesse, construite contre la performance par essence, permet non seulement d’habiter le monde fluctuant qui vient, mais garantit aussi aux projets de développement durable, de sobriété ou de décroissance, de ne pas tomber dans le piège du « solutionnisme » performant.

Nous ne manquons pas de solutions ; nous avons surtout accès à trop de solutions contreproductives. Notre première mission n’est pas d’en ajouter, mais bien plutôt de les passer au crible. La robustesse est le premier filtre pour sélectionner les solutions les plus pertinentes dans un monde fluctuant. Mieux, elle fait passer la sobriété d’une contrainte d’entrée peu mobilisatrice à un produit de sortie fiable. Par ailleurs, proposer à une personne démunie d’être sobre est indigne ; lui ouvrir la voie de la robustesse est nettement plus pertinent. Le primat donné à la robustesse est pragmatique (faire face à un monde fluctuant), opérationnel (faire émerger la sobriété et la durabilité) et plus engageant (répondre à la volonté de durer plutôt que la nécessité de réduire).

Le basculement vers la robustesse n’est enfin pas vraiment négociable dans un monde fluctuant : nous n’aurons pas le choix. Et c’est une excellente nouvelle. Nous quittons l’époque du burn-out – des humains comme des écosystèmes – pour entrer dans le monde du respect de notre tempo, de notre ontologie, de nos liens. Nous quittons l’époque de l’optimisation dominante construite sur la pauvreté des interactions, pour entrer dans la société de la robustesse fondée sur la richesse et la diversité des liens. Dans un monde en basculement socio-écologique, la robustesse construite contre la performance nous invite à une inversion totale de notre modèle social, économique et culturel, dans tous les secteurs. Explorons ce monde à l’envers.

TROUVER LES QUESTIONS D’ABORD

Bien souvent, dans le monde de la performance, nous apportons la meilleure réponse à la mauvaise question. Les maladresses du tout-électrique ou du tout-numérique déjà évoquées permettent de l’illustrer facilement. Donner le primat à l’efficacité empêche la perplexité, qui est pourtant « le début de la connaissance » (Khalil Gibran).
Dans le monde de la robustesse, nous passerons plus de temps à définir les questions : les problèmes identifiés devront d’abord passer un « stress test ». Comme le disait Albert Einstein, « si j’avais une heure pour résoudre un problème, je passerais cinquante-cinq minutes à définir le problème et seulement cinq minutes à trouver la solution ». Comment faire ?
Face à l’urgence, la tentation du pouvoir serait de dire : « assez parlé, il faut agir, puisque parler ne sert plus à rien ». En réponse, comme le dit le psychologue Jacques Variengien, « c’est justement de cela qu’il faut parler ». Dans le monde de la performance, on va trop vite vers la solution sans remettre en cause la pertinence des questions. Obnubilé par le contrôle, on a même peur de ce que ses propres paroles ouvertes pourraient révéler de soi aux autres. Au contraire, l’acte de parler est essentiel pour se penser, la verbalisation laissant échapper des vérités ou des intuitions qui, sinon, resteraient diffuses, enfouies, refoulées ou encore biaisées par des clichés et des automatismes. Parler pour parler a donc un rôle essentiel : réorganiser ses pensées. Ce temps perdu, cette contre-performance, devient un prérequis indispensable avant de décider dans le monde de la robustesse.

Ayant compris que notre cerveau veut aller (trop) vite vers la solution, quelles méthodes peut-on imaginer pour le ralentir ? Lorsque nous résolvons des problèmes, nous employons la méthode scientifique : observation, raisonnement, conclusion. Si cette méthode permet bien d’apporter des réponses, elle présente le risque, après plusieurs cycles de raisonnement, d’oublier la question de départ. Quand le GIEC cherche à préciser l’incertitude du monde fluctuant à venir, on pourrait dire qu’il tombe dans le piège de la méthode scientifique : il ne répond plus à une question pertinente, puisqu’un monde incertain est… incertain. Une question nettement plus pertinente serait d’évaluer la robustesse des différents projets du développement durable dans ce monde incertain.

La démarche artistique – observation, raisonnement, question – répond aux limites de la démarche scientifique. L’artiste observe et est touché. C’est son rôle de « paratonnerre ». En réponse, il fabrique l’œuvre d’art, et à force de travail, il identifie son obsession, et donc sa question. Pensez par exemple à l’artiste pionnière du land art Ágnes Dénes qui cultive une parcelle de blé à deux rues de Wall Street (Wheatfield, A Confrontation – 1982). Comme le dit Pierre Soulages, « c’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche ». Les artistes sont avant tout des fabricants de questions.

En alliant démarche scientifique et artistique, une approche plus lente par nature, nous faisons passer un test de robustesse à nos questions, un prérequis indispensable. Après avoir passé plus de temps sur les questions, les réponses s’inversent également. Commençons par le fondement de notre civilisation, l’agriculture.

PRODUIRE POUR NOURRIR LES ÉCOSYSTÈMES

Dans le monde stable de la performance, nous exploitions les écosystèmes pour augmenter les rendements agricoles. Cette stratégie s’est couronnée de succès si l’on ne considère que la réduction extraordinaire des famines au cours des dernières décennies. Mais elle a aussi généré des dégradations plurielles : effondrement de la biodiversité (naturelle et cultivée), pollutions (nitrates et pesticides notamment), imperméabilisation et désertification des sols, dépendance forte aux énergies fossiles, désertification des campagnes, suicide des paysans.
Alors inversons : dans le monde robuste, qui fait face à des instabilités et à des pénuries, c’est l’agroécologie qui prédomine, nécessairement. En effet, c’est en jouant sur l’hétérogénéité des variétés dans le champ que les paysans peuvent rendre la production plus stable, au prix d’un rendement un peu plus faible. Ainsi, un champ où plusieurs variétés de blé sont cultivées en mélange devient plus résistant à la sécheresse et aux pathogènes.

Mieux, en agroécologie, le paysan ne fait plus seulement du rendement en grain, il entretient aussi des sols vivants (notamment via la permaculture), l’hygrométrie de ses cultures (notamment via l’agroforesterie), la présence d’insectes auxiliaires (notamment via le bio ou l’agriculture raisonnée), et la coopération entre paysans par l’échange de semences et de savoir-faire. De nouveau, il s’agit de basculer des extractions aux interactions. Dans le monde de la robustesse, on n’exploite plus les écosystèmes pour augmenter la production ; c’est la production qui nourrit les écosystèmes.
Les paysans pourraient être invités à suivre une autre trajectoire, performante : l’agriculture de précision où la pulvérisation des pesticides, des engrais ou de l’eau est optimisée. Cette frugalité apparente maintient un système agricole productif, sans considérer les fragilités de technologies – drones, GPS, numérique, etc. – toutes hautement dépendantes du pétrole, de sources d’énergie bon marché ou de métaux rares. Sans considérer non plus l’aliénation des paysans à une technocratie toujours plus distante et l’impasse des dettes financières qui l’accompagne. Encore une fois, donner le primat à la frugalité et à l’efficience énergétique sur tout le reste risque de nous maintenir sur la trajectoire fatale du monde de la performance.

Si nous basculons vers la robustesse, alors nous donnerons le primat à la circularité. En effet, dans une bioéconomie réellement circulaire, le gâchis n’est plus un problème, puisque les déchets sont entièrement recyclés. L’efficience n’est donc plus une question très pertinente. C’est ce qui arrive chez les êtres vivants qui régénèrent et gâchent tant. Dans le monde de la robustesse, on promeut plutôt l’agriculture de l’imprécision. L’agroécologie citée plus haut, construite pour et par la diversité, le revendique.

Miser sur la circularité d’abord conduit à une autre inversion : nous imposions la sobriété matérielle pour éviter le gâchis dans le monde de l’efficience ; à l’avenir, nous ferons émerger une sobriété fonctionnelle, grâce à la circularité, c’est-à-dire un réseau d’interactions qui crée les conditions dans lesquelles le gâchis n’est plus un problème.
La robustesse grâce à la circularité revisite complètement la notion de propriété. En effet, dans le monde stable et en abondance de ressources, les objets sont surtout fragiles et jetables pour nourrir la surconsommation. En retour celle-ci justifie les emplois au service de l’obsolescence programmée dans une spirale sans fin. Face aux pénuries de ressources que ce modèle induit, nous sommes en train de basculer vers le tout-réparable, robuste par nature. Les exemples ne manquent pas, des ateliers de réparation de vélos au développement du Fairphone, première tentative de smartphone réparable.

Cette révolution n’a rien de cosmétique : nous basculons d’une économie de la propriété vers une économie de l’usage. Quand les jeunes des années 1980 rêvaient de voiture individuelle, ils voyaient en elle l’instrument de leur liberté et de leur émancipation. Aujourd’hui, des jeunes toujours plus nombreux refusent d’avoir « leur » voiture et préfèrent des modes de transport partagé (transports en commun, covoiturage, voiture louée). Pour des raisons financières, mais aussi parce qu’ils considèrent la propriété d’une voiture comme une charge trop élevée : parking, carte grise, contrôle technique, etc. Dit autrement, la propriété s’est inversée : on ne se demande plus ce qu’on possède, mais ce qui nous possède. Un peu comme dans le célèbre adage digital : « si c’est gratuit, c’est toi le produit ». Le partage permet de sortir de l’enfermement propriétaire.

L’économie de l’usage est aujourd’hui en plein développement. Et cela ne concerne pas seulement des initiatives à petite échelle. C’est toute l’industrie, y compris les grands groupes, qui investissent ce champ. On vend maintenant des kilomètres d’usage de pneu ou des contrats de réparation de tout l’électroménager du foyer. Ce mouvement est opérationnel pour lutter contre l’obsolescence programmée (pourquoi vendrait-on des objets fragiles si on doit les réparer ?). Et il ne va pas s’arrêter : les pénuries de ressources actuelles et à venir vont l’amplifier. La voiture du futur sera d’abord légère, partagée et réparable. De même, le village du futur aura en plus de sa mairie et de sa salle des fêtes, un ou plusieurs ateliers de réparation citoyen et un parc de voitures partagées. C’est une évidence.


R3 robustesse